Les promesses de Donald Trump sur le diesel russe font face à la réalité
Trois semaines après l’annonce d’un accord controversé avec Vladimir Poutine pour importer du diesel russe, Donald Trump n’a pas obtenu la baisse des prix promise. Le gazole a même légèrement augmenté aux États-Unis. Une mauvaise nouvelle pour le président américain, à quelques jours des élections de mi-mandat du 3 novembre, rapporte TopTribune.
Le 9 octobre, Donald Trump annonçait un accord avec Vladimir Poutine censé faire rapidement baisser les prix du diesel. Cependant, vingt jours plus tard, les automobilistes américains attendent toujours. Le prix moyen du gallon de gazole est passé de 6,28 dollars le 9 octobre à 6,35 dollars le 28 octobre, selon les données de l’AAA.
Cette hausse de sept cents, soit un peu plus de 1 %, intervient à cinq jours des élections de mi-mandat du 3 novembre. Pour Donald Trump et les républicains, l’enjeu est considérable : le diesel alimente les camions, les engins agricoles et certaines industries. L’augmentation des prix pourrait donc avoir des répercussions sur les coûts de transport et de production, impactant ainsi les consommateurs.
Une promesse de baisse spectaculaire
En date du 9 octobre, après un échange avec Vladimir Poutine, Donald Trump avait promis que la Russie remettrait sur le marché plusieurs centaines de milliers de tonnes de diesel, avec des sanctions américaines allégées sur les exportations de ce carburant russe. L’administration Trump espérait une baisse rapide et significative des prix. Selon les déclarations de CBS News, Moscou s’était engagé à fournir plus de 300 000 tonnes immédiatement, suivies de 500 000 tonnes supplémentaires en novembre, puis d’un million de tonnes par la suite.
Cependant, dès l’annonce, plusieurs spécialistes émettaient des doutes sur la réussite de cette opération. Les capacités de raffinage de la Russie sont réduites par les frappes ukrainiennes, entraînant des difficultés pour que ces exportations supplémentaires répondent aux besoins du marché mondial.
Des livraisons russes retardées
Les premières livraisons prennent également du retard. Le 23 octobre, un pétrolier transportant 40 000 tonnes de diesel russe a été signalé au départ pour New York, avec une arrivée prévue le 7 novembre, ce qui coïncide avec le lendemain des élections.
L’incertitude persiste concernant la destination finale de cette cargaison. D’autres expéditions sont attendues, mais il est peu probable qu’elles suffisent à faire baisser les prix sur le marché américain.
Le problème s’étend au-delà des relations entre Washington et Moscou, car la guerre au Moyen-Orient a perturbé de manière significative les capacités de raffinage et les exportations de carburant dans cette région, rendant ainsi les volumes russes insuffisants pour compenser ces pertes.
Les estimations de Goldman Sachs, rapportées par Defense News, indiquent que les livraisons promises pourraient ne réduire les prix de gros du diesel sur la côte américaine du golfe du Mexique que de 2 à 5 cents par gallon durant les deux premiers mois.
Un accord qui profite surtout à Moscou ?
Au-delà de l’efficacité économique mise en question, l’accord suscite une polémique politique. En permettant de rétablir certaines exportations russes, Donald Trump facilite des opportunités commerciales et un flux de revenus supplémentaires pour Moscou, pendant que la guerre en Ukraine se poursuit.
De nombreux élus américains, tant démocrates que républicains, ont exhorté la Maison-Blanche à reconsidérer cette mesure, craignant que les bénéfices accordés à Vladimir Poutine ne surpassent de loin les économies pour les consommateurs américains.
