Le cerveau face au stress post-traumatique : étude sur la résilience et les mécanismes de contrôle des souvenirs

Le cerveau face au stress post-traumatique : étude sur la résilience et les mécanismes de contrôle des souvenirs

13.11.2025 10:23
2 min de lecture

Le stress post-traumatique : étude sur les symptômes et la résilience après les attentats de Paris

Une récente étude sur le stress post-traumatique (TSPT) a mis en lumière la complexité des réactions émotionnelles des victimes d’attentats. Alors que certaines personnes développent un TSPT chronique, d’autres semblent surmonter les traumatismes plus facilement, rapporte TopTribune.

Le programme transdisciplinaire 13-Novembre a été lancé à la suite des attentats de 2015 à Paris et Saint-Denis, incluant l’étude Remember. Celle-ci vise à analyser les effets d’un événement traumatique sur la structure et le fonctionnement du cerveau, ainsi qu’à identifier les marqueurs neurobiologiques du TSPT et de la résilience. Les résultats pourraient mener à de nouvelles approches thérapeutiques qui compléteraient les traitements existants.

Dans le cadre du TSPT, l’intrusion de souvenirs traumatiques constitue un des symptômes les plus difficiles à gérer. Les victimes peuvent revivre instantanément et de manière détériorante l’événement traumatique, perturbant ainsi leur vie quotidienne et ralentissant leur guérison.

Une étude antérieure dirigée par Pierre Gagnepain, chercheur à l’Inserm, a permis de comparer par imagerie cérébrale 120 participants ayant vécu les attentats à 80 personnes non exposées. Les résultats révèlent que ceux souffrant de TSPT présentent des dysfonctionnements au niveau des réseaux cérébraux régulant l’activité des souvenirs, notamment celle de l’hippocampe. Ces mécanismes, qui fonctionnent correctement chez ceux n’ayant pas de TSPT, leur permettent d’inhiber les souvenirs intrusifs.

Comment la mémoire intrusive se forme-t-elle ?

Cette question constitue le second angle de recherche de l’étude Remember, dont les résultats ont été récemment publiés dans la revue Science Advances. L’étude a impliqué 100 personnes touchées par les attentats du 13 novembre 2015, dont 34 souffraient de TSPT et 19 s’étaient rétablies. En 2016/2017 et 2018/2019, des examens d’imagerie cérébrale ont été réalisés, suivis d’un questionnaire sur d’éventuels symptômes de TSPT en 2020/2021.

Les résultats indiquent que chez les participants ayant surmonté leur TSPT, les mécanismes de contrôle de la mémoire se sont améliorés au fil du temps, rejoignant ceux du groupe témoin. Cela se traduit par une activation plus efficace des régions préfrontales, réduisant ainsi l’activité de l’hippocampe et l’accès aux souvenirs intrusifs.

Vers de nouvelles thérapies pour traiter les symptômes intrusifs

Pour les personnes souffrant de TSPT chronique, les mécanismes de mémoire demeurent altérés. Cependant, des signes de plasticité ont été identifiés lors des imageries cérébrales, indiquant une potentielle amélioration des symptômes. La restauration des mécanismes de contrôle de la mémoire était corrélée à un arrêt de l’atrophie hippocampique.

Giovanni Leone, premier auteur de l’étude, affirme que « rien n’est figé ». L’étude souligne que la plasticité des circuits de contrôle de la mémoire pourrait expliquer la résilience face aux traumatismes. Elle précise que l’altération des mécanismes de contrôle semble plus être une cause qu’une conséquence du TSPT.

Des pistes cliniques émergent, suggérant la possibilité de développer des thérapies visant à stimuler ces mécanismes de contrôle sans toucher aux émotions traumatiques. Pierre Gagnepain évoque l’importance de « travailler sur les réseaux cérébraux sans faire revivre les émotions traumatiques ». La prochaine phase de recherche se concentrera sur un récepteur cérébral dans l’hippocampe, potentiel acteur de l’oubli des souvenirs.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER