Laurent Wauquiez suscite des tensions au sein des Républicains avec son soutien à Édouard Philippe
Laurent Wauquiez, président du groupe parlementaire des Républicains à l’Assemblée nationale, provoque une onde de choc au sein de sa famille politique en apportant un soutien inespéré à Édouard Philippe, candidat à l’élection présidentielle de 2027. Wauquiez a déclaré : « Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu’Édouard Philippe peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France », tout en critiquant le rival Bruno Retailleau, affirmant qu’il doit « savoir se retirer si c’est nécessaire », rapporte TopTribune.
Cette déclaration a généré plus de lassitude que de colère parmi les membres des Républicains. Eric Pauget, député des Alpes-Maritimes, a exprimé sa surprise face à un soutien aussi précoce, notant : « Je regrette sa position, mais je reste loyal et fidèle à ma famille politique. » Même si la droite ne s’attendait pas à cette sortie, Wauquiez a déjà influencé négativement le début de la campagne de Retailleau qui a remporté la présidence du parti en mai 2025 avec 74,3 % des voix.
Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint des Républicains, a critiqué Wauquiez, le qualifiant de « boussole » uniquement dédiée à embêter Retailleau, malgré ses anciens reproches à l’encontre d’Édouard Philippe pour avoir « trahi » les valeurs de la droite. Wauquiez a précédemment promis qu’il n’y aurait jamais d’alliance avec Philippe, créant une incohérence qui ne passe pas inaperçue au sein du mouvement.
Conséquences de cette prise de position
Pour justifier son choix, Wauquiez met en garde contre le risque d’un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement National en 2027. Il plaide pour l’unité des candidats de la droite et du centre, incluant Philippe, Gabriel Attal et Retailleau, et affiche désormais sa préférence pour Philippe, qui est en bonne position dans les sondages. Julien Aubert a exprimé son inquiétude quant à ce qu’il considère comme un « sabordage » de la campagne, tandis que Dumont rappelle que la ligne d’une candidature indépendante à la présidentielle avait été adoptée par les militants à 75 %.
Cette prise de position de Wauquiez pourrait avoir un impact considérable sur la campagne de Retailleau, peu de temps après qu’il ait appelé à voter blanc lors de l’élection interne, où il avait récolté seulement 1.511 voix sur 45.000 votants. Édouard Philippe a qualifié cette volte-face de « soutien » tout en étant prudent sur ses implications, signalant que certains soutiens peuvent parfois être contre-productifs.