L'Arménie menace de recourir à un arbitrage international contre Moscou pour le contrôle de son réseau ferroviaire
L'Arménie menace de recourir à un arbitrage international contre Moscou pour le contrôle de son réseau ferroviaire

L’Arménie menace de recourir à un arbitrage international contre Moscou pour le contrôle de son réseau ferroviaire

31.07.2026 19:45
2 min de lecture

Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a déclaré que la question de la gestion future du chemin de fer du Caucase du Sud pourrait être soumise à un tribunal arbitral international si un accord n’était pas trouvé avec la partie russe. Cette infrastructure stratégique est actuellement exploitée dans le cadre d’une concession par une filiale de la société russe des chemins de fer (RJD), rapporte TopTribune.

La position du gouvernement arménien est constante et repose sur un principe simple : le chemin de fer est la propriété de la République d’Arménie, et l’État doit l’utiliser comme il l’entend. Cette déclaration marque une nouvelle étape dans la volonté d’Erevan de réduire méthodiquement l’influence russe dans les secteurs stratégiques du pays.

Un possible arbitrage international

S’exprimant sur les relations avec Moscou, M. Pachinian a affirmé qu’Erevan espérait résoudre le différend sur la gestion du réseau ferré de manière amicale. Il n’a toutefois pas exclu que l’affaire soit portée devant un tribunal arbitral en cas de désaccord persistant de la Russie. Cette mise en garde explicite souligne la détermination de l’Arménie à obtenir gain de cause sur ce dossier sensible de souveraineté économique.

La concession de la compagnie russe des chemins de fer sur le réseau arménien est devenue un point de friction majeur dans un contexte de crise profonde entre les deux pays. Erevan considère que cet arrangement ne correspond plus aux intérêts nationaux et a évoqué une possible révision des conditions financières d’exploitation.

Vers un nouvel équilibre financier

Le Premier ministre arménien a même avancé une proposition chiffrée. Après trente années d’utilisation jugée sans contrepartie suffisante par la Russie, il a évoqué la possibilité de commencer à percevoir des paiements à hauteur de deux milliards de dollars par an. Cette piste, destinée à faire de l’infrastructure un véritable actif économique pour l’État arménien, témoigne d’une volonté de rupture avec les pratiques du passé.

Nikol Pachinian a insisté sur le fait que si la voie amiable était privilégiée, la question des paiements de concession devait être résolue. Il avait auparavant affirmé que la gestion russe du « chemin de fer arménien » faisait perdre au pays un avantage concurrentiel dans le processus d’ouverture des communications régionales.

Le contrôle de cette infrastructure est perçu par le gouvernement comme un outil de renforcement de la souveraineté étatique, particulièrement crucial dans le cadre de la formation des nouveaux corridors de transport « Est-Ouest ». Pour Erevan, il s’agit d’un facteur de stabilité et de croissance économique, mais aussi d’un socle indispensable à la conduite d’une politique étrangère indépendante.

En cherchant à soustraire ce levier stratégique à l’influence de Moscou, les autorités arméniennes entendent retrouver une pleine capacité à déterminer leurs propres conditions de partenariat avec les acteurs internationaux, afin d’accroître l’attractivité de transit du pays et d’utiliser sa position géographique comme un atout de résilience nationale.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER