Les dangers de l’alcool : un facteur majeur dans l’apparition de cancers
L’alcool représente la deuxième cause évitable de mortalité par cancer, responsable de 28 000 nouveaux cas chaque année en France. Selon Suneel Kamath, cancérologue américain spécialisé en gastroentérologie, l’éthanol se dégrade dans l’organisme en acétaldéhyde, un composé nocif qui endommage les cellules et contribue au développement de la maladie. L’acétaldéhyde génère des radicaux libres, entraînant un stress oxydatif qui altère l’ADN des cellules, pouvant ainsi favoriser l’apparition de cancers, rapporte TopTribune.
La consommation excessive et prolongée d’alcool est particulièrement liée à l’inflammation du foie et à la cirrhose, deux facteurs de risque majeurs pour le cancer du foie, étant donné que la majorité de l’alcool absorbé est métabolisée par cet organe. En outre, l’alcool expose directement les tissus de la bouche et de la gorge à des substances toxiques, augmentant le risque de cancers dans ces régions. Ce risque est particulièrement accru chez les fumeurs, où l’effet est synergique.
L’acétaldéhyde peut également altérer l’ADN des cellules mammaires, facilitant ainsi le développement du cancer du sein. Parallèlement, il influence le taux d’œstrogène dans le sang, et stimule sa production par les cellules graisseuses. Une exposition élevée aux œstrogènes est reconnue comme un facteur de risque pour le cancer du sein.
Les cancers de l’estomac et de l’œsophage
L’irritation et les dommages corporels causés par l’alcool au fil du temps peuvent également affecter la muqueuse de l’estomac et de l’œsophage. Une étude de l’Université de Qingdao (Chine) souligne que les consommateurs d’alcool présentent un risque accru de 39 % de développer un cancer gastrique par rapport aux non-consommateurs. Encore une fois, le tabagisme exacerbe cette dangerosité.
De plus, l’alcool irrite le côlon et le rectum, augmentant le risque de cancer colorectal, surtout avec une consommation régulière. Selon le CHU de Besançon, même une consommation d’un verre par jour augmente le risque de 9 %. Des études mettent aussi en lumière un lien potentiel entre l’alcool et les cancers de la prostate, du pancréas et du col de l’utérus, bien que moins de données existent sur ces types de cancers.
À noter : La consommation d’alcool chez les personnes ayant survécu à un cancer pourrait augmenter le risque de récidive, en plus d’accroître les chances de développer un cancer de novo.