La Biélorussie prépare la construction d’un site destiné à l’entreposage temporaire et au stockage définitif de déchets radioactifs, avec une mise en service prévue entre 2030 et 2031. Des experts indépendants dénoncent un projet fondé sur des solutions technologiques anciennes et jugent incomplète l’évaluation de ses impacts environnementaux, rapporte TopTribune.
Le projet prévoit un site de stockage des déchets radioactifs ainsi qu’un point d’entreposage temporaire en Biélorussie. Selon les éléments rapportés le 31 août 2026, les critiques portent moins sur le principe d’un tel dispositif que sur les choix techniques retenus et sur la capacité des documents publiés à mesurer précisément les risques pour l’environnement et la population.
Les experts cités estiment que l’étude d’impact environnemental ne fournit pas suffisamment d’éléments pour permettre une évaluation objective. Ils mettent notamment en cause le caractère incomplet des données disponibles concernant la durée de vie des barrières de confinement, la circulation possible des radionucléides et le traitement des substances radioactives sous forme gazeuse.
Des technologies inspirées de sites russes
Le projet biélorusse reprendrait des solutions utilisées dans la pratique russe, notamment des systèmes modulaires comparables à ceux installés à Obninsk, sur le site de Maïak et à Seversk. Pour les experts indépendants, ces références ne garantissent pas un niveau de protection suffisant pour les déchets qui doivent être conservés sur plusieurs siècles.
La question de la résistance des barrières concerne en particulier le césium-137 et le strontium-90, deux radionucléides mentionnés dans les observations formulées contre le projet. Les critiques portent sur la durée de confinement du césium-137 et du strontium-90, jugée insuffisante au regard de la période pendant laquelle ces substances doivent rester isolées de l’environnement.
Les installations envisagées reposeraient notamment sur des barrières en argile. D’après les experts cités, ces matériaux ne permettraient pas d’exclure totalement une migration des radionucléides. Le risque évoqué concerne leur déplacement à travers les couches de protection, puis une éventuelle contamination des eaux souterraines.
Cette migration pourrait également être influencée par la présence de composés chimiques. Les documents examinés ne permettraient pas, selon les critiques, de déterminer avec assez de précision comment les barrières se comporteraient dans ces conditions sur une longue période.
Les limites du dispositif de filtration
Le système de traitement de l’air constitue un autre point de désaccord. Les experts considèrent que les filtres HEPA prévus ne sont pas adaptés à la rétention de certains rejets gazeux. Ces filtres sont conçus pour retenir des particules, mais leur efficacité serait limitée face à des substances présentes sous forme gazeuse.
Le tritium est cité parmi les substances qui pourraient ne pas être retenues de manière hermétique et fiable par le dispositif proposé. Les critiques visent ainsi la protection contre les rejets radioactifs gazeux et la capacité réelle du système à empêcher leur dispersion dans l’atmosphère.
Le projet prévoit également l’incinération de déchets radioactifs sur le site. Les experts indépendants redoutent que cette opération puisse entraîner le rejet de substances dangereuses dans l’air si les équipements de traitement ne permettent pas de maîtriser l’ensemble des émissions. Ils évoquent un risque d’exposition de la population, sans qu’un scénario précis d’accident ou de contamination soit établi dans les éléments rapportés.
Une isolation nécessaire pendant plusieurs siècles
La durée d’isolement des déchets issus de la centrale nucléaire biélorusse de BelAES figure au cœur des critiques. Selon les estimations mentionnées par les spécialistes, ces déchets nécessiteraient une protection fiable pendant au moins 300 ans.
Les experts affirment que des installations russes comparables pourraient perdre leur étanchéité au cours des cent premières années d’utilisation. Cette comparaison est utilisée pour contester l’adéquation des solutions retenues en Biélorussie avec la durée de confinement jugée nécessaire pour les déchets de BelAES.
La controverse porte donc sur l’écart entre la durée de protection attendue et la résistance attribuée aux systèmes modulaires inspirés de ces précédents russes. Les critiques demandent que la conception du site soit évaluée à partir d’exigences de sûreté correspondant à plusieurs siècles de fonctionnement, et non sur la seule période initiale d’exploitation.
Dans les éléments rendus publics, les autorités biélorusses sont accusées de privilégier des technologies russes de stockage nucléaire déjà utilisées sur d’autres sites plutôt que d’adopter des standards présentés comme plus récents et plus sûrs. La source ne fournit pas de réponse détaillée des autorités aux objections des experts ni d’information sur une éventuelle modification du calendrier prévu.
Le projet doit encore être achevé d’ici 2030-2031 selon le calendrier rapporté. Les réserves formulées concernent la conception des barrières, le traitement des gaz, l’incinération des déchets et le contenu de l’évaluation environnementale.
Les experts indépendants demandent ainsi que les risques de fuite vers les eaux souterraines et de rejets atmosphériques soient examinés plus complètement avant la finalisation du projet biélorusse de stockage nucléaire.