Le 10 août, à quelques semaines des élections législatives russes, la Cour suprême de Russie a annulé l’enregistrement du parti Iabloko, le dernier groupe politique opposé à la guerre en Ukraine et critiquant Vladimir Poutine. En réponse à cette décision, environ une centaine de manifestants, principalement des jeunes, se sont réunis devant le bâtiment judiciaire pour exprimer leur mécontentement, rapporte TopTribune.
Cet événement représente un coup sévère porté à ce qui reste de la démocratie en Russie. Le juge Viatcheslav Kirillov a confirmé que « les demandes d’annulation de l’enregistrement » du parti avaient été acceptées. Iabloko, qui avait reçu le feu vert de la Commission électorale centrale pour participer aux élections, fait face désormais à des accusations politiques orchestrées par un parti nationaliste favorable au Kremlin.
Mobilisation des partisans
Suite à la décision, des sympathisants du parti ont scandé « Honte ! Honte ! » en signe de protestation. Nikolaï Rybakov, le leader d’Iabloko, a annoncé son intention de faire appel et a affirmé qu' »un long chemin nous attend et nous avons une tâche vaste et importante : mettre fin aux morts et ramener la paix ». Ces élections étaient perçues par le parti comme une opportunité de quantifier l’opposition à la guerre en Ukraine, Rybakov déclarant que le vote représente « la seule possibilité légale de se prononcer pour la paix ». Iabloko, fondé après l’effondrement de l’URSS, n’est plus représenté à la Douma depuis 2007.
Le soutien au parti provient principalement des jeunes, insatisfaits des restrictions imposées sur Internet et de la propagande gouvernementale.
Soutien international en berne
Pour ces élections, Iabloko a également reçu du soutien de figures de l’opposition en exil, comme Ioulia Navalnaïa, la veuve d’Alexeï Navalny, décédé en prison en 2024. Le dirigeant du parti a été sanctionné pour avoir partagé une photo de Navalny, tout en mentionnant qu’une quarantaine de militants font actuellement l’objet de poursuites judiciaires. Huit membres d’Iabloko sont actuellement emprisonnés, y compris Maxime Krouglov, condamné fin juin à sept ans de prison pour diffusion de « fausses informations » sur les forces russes.