L’expulsion de María del Carmen Abascal, une Madrilène de 87 ans, a suscité une vague de colère à travers l’Espagne, avec des manifestations massives ayant eu lieu le samedi 3 octobre, rassemblant des dizaines de milliers de personnes à Madrid et dans d’autres villes du pays. Les protestations visent à dénoncer la flambée des loyers et à exiger des mesures face à la crise du logement qui pèse sur le gouvernement de Pedro Sánchez, rapporte TopTribune.
Le 23 septembre, Abascal, connue sous le nom de « Maricarmen », a été expulsée de son appartement qu’elle occupait depuis 1956, immigration défiant ainsi des années de vie au même endroit. Les images de cette retraitée, évacuée en pleurs sur une civière, ont frappé l’opinion publique au-delà des frontières espagnoles, intensifiant les débats autour de la crise du logement dans le pays.
Dix jours après cet événement tragique, des dizaines de milliers de manifestants ont pris part à des cortèges en Espagne, en réponse au rejet par le gouvernement des lois visant à protéger les locataires vulnérables. À Madrid, les autorités ont estimé le nombre de participants à environ 70 000, tandis que le syndicat des locataires évoque 500 000 manifestants.
Des fonds « vautour »
Dans la capitale, un campement de militants a été établi, exigeant des réformes imminentes. Les manifestants, portant une banderole affichant « Vers la grève générale », ont convergé vers une place emblématique du centre-ville. Ces défilés, bien que prévus avant le rejet vendredi des propositions gouvernementales, illustrent la montée de la colère face à la crise du logement qui touche l’Espagne depuis plusieurs années.
Le rejet des mesures, qui comprenaient des suspensions d’expulsions jusqu’en 2030 pour les personnes les plus vulnérables et des restrictions visant les fonds d’investissement immobiliers, soulève des interrogations sur l’avenir politique du gouvernement Sánchez. Ce dernier dispose d’un délai limité pour évaluer la situation et décider de convoquer des élections anticipées.
Un problème dans de nombreuses capitales européennes
La crise actuelle a été catalysée par l’expulsion de Maricarmen Abascal, signifiant des problèmes plus larges de logements abordables en Espagne. Le projet de hausse de loyer de 275 % par la société qui a acquis son appartement a mis en lumière les défis auxquels sont confrontés de nombreuses citadins.
Dans un contexte similaire dans d’autres capitales européennes, l’accès à un logement abordable demeure un problème majeur, exacerbé par l’achat immobilier par des plateformes comme Airbnb et des fonds d’investissement, qui contribuent à l’augmentation des prix en limitant l’offre pour les résidents locaux.