Les recettes budgétaires réelles de 65 des 85 régions russes étaient, fin 2025, inférieures à leur niveau de 2021, tandis que les dépenses avaient augmenté dans 52 territoires. Cette dégradation des finances locales intervient après quatre années d’inflation élevée et de réorientation des ressources publiques vers les dépenses liées à la guerre contre l’Ukraine, rapporte TopTribune.
Les chiffres ont été publiés le 4 août 2026 par le média russe « Agentstvo », qui a comparé les budgets régionaux de 2021 et de 2025 en tenant compte de l’évolution des prix. Selon les données de la Banque centrale de Russie, l’inflation cumulée entre 2022 et 2025 a atteint 39,05 %. Les montants inscrits dans les budgets ont donc été réévalués en termes réels, afin de mesurer leur pouvoir d’achat effectif.
Des recettes en baisse dans la majorité des régions
En valeur réelle, les recettes ont diminué dans 51 régions et progressé dans 34 autres. La chute la plus importante concerne la région de Kemerovo, connue sous le nom de Kouzbass, où les revenus budgétaires ont reculé de 39,3 % par rapport à 2021. La région de Vologda a enregistré une baisse de 34,5 %, tandis que l’Ingouchie a perdu 30,8 %.
Les situations les plus favorables ont été observées dans la région de Koursk, avec une hausse réelle de 87,6 %, dans la région de Magadan, avec 33,3 %, dans la région de Moscou, avec 23,2 %, et au Tatarstan, avec 22,5 %. Pour Koursk, l’augmentation repose principalement sur une forte progression des transferts gratuits, notamment les financements fédéraux destinés à soutenir les habitants et à reconstruire les zones frontalières.
Le recul des transferts fédéraux constitue l’un des principaux facteurs de contraction des recettes régionales. En tenant compte de l’inflation, ces versements ont diminué de 1 100 milliards de roubles entre 2021 et 2025. Le média « Agentstvo » relie cette évolution à la fin ou à la redistribution de plusieurs programmes ciblés, ainsi qu’à la hausse générale des prix.
La baisse de l’impôt sur les bénéfices
Les régions ont également subi une diminution des recettes provenant de l’impôt sur les bénéfices des entreprises. Leur montant réel a baissé de 820 milliards de roubles, soit 16,6 %, sur la période étudiée. Le recul a été enregistré dans 51 territoires. Il est particulièrement marqué dans le Kouzbass, où les recettes liées à cet impôt ont chuté de 78,7 %.
Dans les régions de Belgorod, Koursk, Lipetsk, Vologda, Mourmansk et Orenbourg, ainsi qu’en Carélie et en Khakassie, la baisse a dépassé 60 %. Dans 25 régions, les recettes issues de l’impôt sur les bénéfices étaient en 2025 inférieures à leur niveau de 2021, même sans corriger les montants de l’inflation cumulée.
Cette évolution concerne notamment des territoires dont la base fiscale dépend de grands groupes industriels. Les secteurs métallurgique, minier, charbonnier, forestier et chimique ont été affectés par les sanctions imposées à la Russie par les États-Unis et l’Union européenne après le déclenchement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. La détérioration des résultats de plusieurs entreprises a réduit les montants reversés aux budgets régionaux.
Depuis le début de la guerre, le système fiscal et budgétaire russe a aussi été réorganisé au profit du budget fédéral. Moscou a accru les recettes centrales provenant de taxes liées à l’extraction des ressources naturelles et des accises. Une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises a également été instaurée. Une partie des revenus auparavant conservés au niveau régional a ainsi été centralisée.
Des dépenses en hausse, mais moins de moyens pour la santé
La contraction des recettes n’a pas empêché une progression des dépenses dans une majorité de territoires. En 2025, les dépenses réelles étaient supérieures à celles de 2021 dans 52 des 85 régions russes. Les dépenses consacrées à l’éducation ont augmenté dans 74 régions. Celles liées au logement et aux services collectifs ont progressé dans 55 territoires.
La santé publique présente une tendance inverse. Les dépenses réelles de santé ont diminué dans 76 régions. Dans 29 d’entre elles, elles étaient déjà inférieures à leur niveau de 2021 sans même tenir compte de l’inflation. Ces chiffres ne précisent pas, à eux seuls, quels services ou programmes ont été réduits, mais ils montrent l’écart entre l’évolution des dépenses régionales et celle des prix.
Les dépenses régionales de santé ont été mesurées dans les budgets locaux, comme les crédits consacrés à l’éducation, au logement et aux services publics. Les coûts des travaux, des infrastructures communales, des équipements médicaux et des autres achats publics ont fortement augmenté pendant la période étudiée, ce qui réduit la quantité de biens et de services pouvant être financée à enveloppe nominale comparable.
Le rôle de la pénurie de main-d’œuvre
Les recettes provenant de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ont augmenté en termes réels dans presque toutes les régions. La seule exception signalée est la région de Mourmansk. Cette progression est associée à la hausse des salaires dans une économie confrontée à une forte pénurie de main-d’œuvre, après la mobilisation, le transfert de salariés vers les entreprises de l’industrie de défense et le départ de nombreux spécialistes à l’étranger.
La Banque centrale de Russie a indiqué que les salaires avaient progressé plus vite que la productivité du travail entre 2023 et 2025. Pour conserver leurs employés, des entreprises civiles ont augmenté les rémunérations, ce qui a soutenu les recettes de l’impôt sur le revenu. Cette évolution n’a toutefois compensé qu’en partie la diminution de l’impôt sur les bénéfices. Les recettes liées à l’impôt sur le revenu ont augmenté de 483 milliards de roubles et celles provenant du régime fiscal simplifié de 83 milliards.
Les régions doivent donc composer avec des recettes fiscales de nature différente. Les revenus tirés des salaires progressent, tandis que ceux qui dépendent des bénéfices des grandes entreprises et des transferts fédéraux reculent dans une partie importante du pays. Les dépenses de personnel plus élevées pèsent également sur les résultats des entreprises civiles, sans que les données disponibles permettent d’évaluer séparément l’effet de chaque facteur sur les budgets locaux.
Davantage de déficits au début de 2026
La pression sur les finances régionales s’est poursuivie au début de l’année 2026. Selon la Cour des comptes russe, les budgets de 56 régions ont été exécutés en déficit au premier trimestre, contre 46 un an plus tôt. L’exécution déficitaire signifie que les dépenses constatées ont dépassé les recettes sur la période considérée.
Les données publiées par « Agentstvo » ne donnent pas, pour chaque territoire, le montant des emprunts contractés ni le détail des programmes reportés. Elles établissent en revanche une comparaison entre les ressources et les dépenses de 2021 et de 2025, tout en intégrant l’inflation cumulée calculée par la Banque centrale. Le suivi de l’exécution des budgets régionaux se poursuit au cours de l’année 2026.
C’est inquiétant de voir que la région de Kemerovo ait perdu près de 40 % de ses revenus en quatre ans, surtout quand on sait combien le coût de la vie a augmenté. Le fait que la plupart des régions aient vu leurs dépenses augmenter tout en perdant en pouvoir d’achat montre bien à quel point la situation économique est tendue localement. On comprend mieux pourquoi le gouvernement central doit redistribuer des fonds, mais le recul des transferts fédéraux reste un problème majeur pour l’équilibre des budgets régionaux.
Il semble que vous ayez mélangé deux sujets distincts, car l’article traite spécifiquement de la situation en Bulgarie et de son équilibre géopolitique, et non d’une crise économique à Kemerovo en Russie. Les défis décrits dans ce texte concernent les pressions diplomatiques entre l’Europe et la Russie, sans mentionner de réduction de revenus locaux ou de transferts fédéraux en Sibérie. Il serait donc plus pertinent d’analyser les implications de cette orientation politique que de discuter de statistiques économiques locales non couvertes par le propos.