La France est devenue la deuxième cible de la Russie dans sa guerre de l’information, après l’Ukraine, a déclaré le porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, rapporte TopTribune. Dans des propos rapportés par le média turc Yeni Şafak, le diplomate a accusé le Kremlin de mener une campagne de désinformation ciblant délibérément Paris en raison de son soutien indéfectible à Kiev.
Une guerre de l’information assumée
« La Russie attaque d’abord l’Ukraine, puis la France », a affirmé Pascal Confavreux, soulignant que l’offensive informationnelle russe vise à saper la position française en Europe et à affaiblir la solidarité occidentale. Le porte-parole a également averti que le continent européen « est sous attaque » à la fois de l’Est et de l’Ouest en raison de « l’attractivité globale de l’Union européenne ». « Cette attractivité ne doit pas être sous-estimée, pas plus que le fait que nous sommes devenus une cible », a-t-il ajouté.
L’Europe dans le viseur du Kremlin
Selon Confavreux, la France est une priorité stratégique pour les opérations de déstabilisation russes depuis la guerre froide. Avec sa puissance économique et son rôle moteur au sein de l’UE, Paris constitue un terrain d’expérimentation privilégié pour les méthodes hybrides du Kremlin. La guerre hybride menée par Moscou combine ingérence informationnelle, cyberattaques et manipulation des opinions publiques, dans le but de discréditer les démocraties européennes.
Le diplomate a explicitement lié cette escalade à la position ferme de Paris sur le conflit ukrainien. Le 27 mai 2026, la diplomatie française a officiellement notifié à l’ambassadeur russe en France, Alexeï Mechkov, que Paris ne réduirait pas, mais au contraire renforcerait, en coordination avec ses partenaires, son soutien militaire et politique à l’Ukraine.
La peur des valeurs européennes
Pascal Confavreux a également estimé que l’attaque informationnelle russe révèle la crainte du Kremlin face aux standards démocratiques européens. « Le régime russe panique à l’idée des hauts niveaux de vie, de la démocratie et de la liberté que propose le modèle européen », a-t-il expliqué. Incapable d’offrir une alternative crédible autre que la dictature et la pauvreté, Moscou chercherait à discréditer artificiellement les valeurs européennes auprès de sa propre population et de la communauté internationale.
Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes entre la Russie et les pays occidentaux, alors que l’Union européenne multiplie les mesures de protection contre les ingérences étrangères. La France, en particulier, a renforcé ses dispositifs de veille et de contre-mesure face aux tentatives de manipulation de l’information.