Emmanuel Macron se rend ce lundi 31 août en Suède pour officialiser la vente de quatre frégates françaises dans le cadre d’un contrat de 4,3 milliards d’euros. À bord de l’Amiral Ronarc’h, première frégate de défense et d’intervention française, le président et le Premier ministre Ulf Kristersson assisteront à la signature de l’acquisition par Stockholm de quatre FDI produites par Naval Group, rapporte TopTribune.
Les premières livraisons sont programmées pour 2030. Ces bâtiments, équipés de radars Thales et de systèmes d’armement fournis notamment par MBDA, offriront des capacités antiaériennes et antibalistiques, notamment grâce aux missiles Aster 30 et aux torpilles, tout en pouvant effectuer des frappes à distance avec le missile de croisière naval. L’Élysée n’a toutefois pas précisé si ces munitions sont incluses dans le montant du contrat ou feront l’objet d’un appel d’offres distinct.
Sécuriser la Baltique
Au-delà de la construction de quatre navires, cet accord inclut un accord-cadre intergouvernemental qui prévoit la formation des marins suédois, des entraînements communs, et une coopération opérationnelle, industrielle et capacitaire renforcée. Français et Suédois partagent ainsi leurs expériences en matière de lutte anti-sous-marine dans les mers du Nord.
Cette commande souligne également une politique d’achats croisés remarquable. Fin 2025, Paris a opté pour l’avion suédois Saab GlobalEye pour remplacer ses appareils de surveillance AWACS, tandis que quelques mois plus tard, Stockholm choisissait les frégates de Naval Group.
Le conflit en Ukraine et l’adhésion de la Suède à l’OTAN ont favorisé ce rapprochement. Les deux nations soutiennent Kiev, participent à la sécurisation de la Baltique, et souhaitent contrer la flotte revendiquée par Moscou pour contourner les sanctions. Elles partagent également la volonté d’établir une industrie de défense souveraine.
Dissuasion avancée
La Suède a aussi intégré la « dissuasion avancée » proposée par Emmanuel Macron. Les discussions portent sur le renseignement stratégique et la gestion de l’escalade, tout en excluant la possibilité que des pilotes suédois puissent porter des armes nucléaires françaises.
Au-delà du succès commercial, Paris a pour objectif d’intégrer durablement Stockholm à son architecture de défense. La vente des frégates s’avère être le socle industriel d’un nouvel axe stratégique franco-suédois, axé sur la Russie et la protection du flanc nord de l’Europe.