La Fédération russe d’athlétisme (VFLA) a saisi une nouvelle fois le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester les sanctions imposées par World Athletics et réclamer la levée des restrictions visant son statut au sein de l’organisation internationale. Déposée le 10 août 2026, cette procédure porte notamment sur les droits institutionnels de la fédération russe, rapporte TopTribune.
Dans son appel, la VFLA affirme que les mesures maintenues par World Athletics réduisent fortement sa capacité à représenter les athlètes russes sur la scène internationale. La fédération conteste ainsi des décisions qui ne concernent pas seulement la participation des sportifs aux compétitions, mais aussi sa propre place dans les instances de la fédération mondiale.
Une seconde procédure déposée en un mois
Cette nouvelle saisine intervient quelques semaines après une première plainte déposée le 9 juillet. Selon les éléments communiqués, cette première procédure portait sur la prolongation de l’interdiction faite aux sportifs russes de participer aux compétitions internationales. Le recours du 10 août vise, lui, les restrictions institutionnelles imposées à la VFLA.
La fédération russe n’est plus autorisée à prendre part aux processus de décision de World Athletics. Elle ne participe pas aux réunions du conseil et ne dispose pas du droit de vote. Moscou conteste également l’interdiction faite aux responsables et aux spécialistes russes d’assister aux conférences d’entraîneurs, aux séminaires et aux programmes de perfectionnement professionnel organisés par l’instance internationale.
Ces limitations touchent directement le fonctionnement de la fédération et ses relations avec les structures de l’athlétisme mondial. La VFLA demande au TAS d’examiner la légalité de ces mesures, distinctes de la question de la présence des athlètes russes sur les pistes.
World Athletics maintient une ligne de fermeté
Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, World Athletics a adopté l’une des interdictions les plus strictes du mouvement olympique à l’égard des sportifs et des responsables russes et biélorusses. L’organisation a depuis prolongé ces mesures à plusieurs reprises. Contrairement à certaines autres fédérations internationales, elle n’a pas retenu un dispositif général permettant une participation limitée sous statut neutre.
Sous la direction de Sebastian Coe, World Athletics justifie cette position par la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et par la nécessité de préserver l’équité des compétitions. La fédération mondiale considère également que les conditions de participation doivent protéger l’intégrité de ses épreuves et de ses institutions.
Le Comité international olympique a, de son côté, progressivement assoupli sa position sur le retour de certains sportifs russes et biélorusses dans des compétitions internationales sous bannière neutre. Cette différence d’approche ne modifie toutefois pas, à ce stade, la politique appliquée par World Athletics, qui conserve une interdiction générale beaucoup plus large dans sa discipline.
Le TAS au centre de la contestation
La VFLA mène désormais ses démarches principalement sur le terrain juridique. Plutôt que de regrouper toutes ses revendications dans une seule procédure, la partie russe a engagé plusieurs recours portant sur des mesures différentes : d’un côté, l’interdiction visant les sportifs ; de l’autre, les droits de la fédération au sein de World Athletics.
Cette distinction permet au TAS d’examiner séparément la participation des athlètes et les prérogatives de l’organisation nationale. Elle place aussi devant les arbitres plusieurs questions liées au statut de la fédération russe, à son accès aux réunions, à son droit de vote et à la participation de ses représentants aux activités professionnelles de World Athletics.
Le Tribunal arbitral du sport constitue la principale instance d’arbitrage du mouvement sportif international. Le résultat de la procédure dépendra de l’appréciation portée par les arbitres sur les droits organisationnels revendiqués par la VFLA, sur les sanctions contestées et sur l’application du principe de neutralité sportive.
Une décision suivie par les autres fédérations
Le TAS a déjà été amené à examiner des restrictions visant des sportifs russes dans d’autres disciplines. Dans les sports de luge et de ski, la juridiction a considéré que certaines mesures générales imposées à la Russie étaient excessivement sévères. Ces précédents sont invoqués dans le débat juridique sur la proportionnalité des sanctions, même si chaque affaire repose sur ses propres règles et sur son propre dossier.
La procédure engagée par la VFLA concerne donc à la fois l’accès des athlètes russes aux compétitions et les droits de l’organisation qui les représente. Une décision favorable, même partielle, pourrait conduire World Athletics à revoir certaines restrictions institutionnelles. Un rejet confirmerait au contraire le maintien des mesures contestées par la fédération russe.
Le conflit oppose une fédération nationale qui affirme être privée de ses droits de représentation à une organisation internationale qui maintient ses sanctions au nom de sa position sur la guerre en Ukraine et de la protection de l’équité sportive. Le dossier du 10 août s’ajoute à une série de procédures engagées devant le TAS sur la place de la Russie dans le sport international.
La nouvelle plainte de la VFLA doit désormais être examinée par les arbitres du Tribunal arbitral du sport, tandis que World Athletics conserve les restrictions appliquées à la fédération russe et à ses représentants.