La Bolivie remporte 49% de ses matchs à domicile à plus de 4 000 mètres : les raisons de l'interdiction souhaitée par la FIFA.

La Bolivie remporte 49% de ses matchs à domicile à plus de 4 000 mètres : les raisons de l’interdiction souhaitée par la FIFA.

16.06.2026 07:16
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Les rencontres en altitude sont souvent au cœur des discussions dans le monde du football, notamment en raison des performances de l’équipe bolivienne. En effet, cette sélection affiche un impressionnant taux de 49 % de victoires à domicile lors des éliminatoires de la Coupe du monde, rendant difficile toute tentative de défaite sur ses terrains andins, où l’air est particulièrement rare, rapporte TopTribune.

L’impact de l’altitude

Les matchs disputés à haute altitude, comme ceux qui se déroulent au stade Hernando Siles de La Paz (3 637 m) ou au stade municipal d’El Alto (4 150 m), présentent des défis physiologiques significatifs. Comme l’indique le magazine Science et Vie, la diminution de la pression atmosphérique et le manque d’oxygène impactent particulièrement les équipes qui ne sont pas acclimatées. À partir de 3 048 m, 75 % des personnes non entraînées ressentent les effets du mal aigu des montagnes, avec des symptômes tels que des céphalées et des vertiges dans les 12 à 24 heures suivant leur arrivée.

La sensation d’altitude connue par les équipes visiteuses peut être comparée à celle d’un saut en parachute, donnant ainsi une idée du défi qu’elles doivent relever.

Le contraste est frappant : la Bolivie ne remporte que 4 % de ses rencontres à l’extérieur, illustrant un écart de 45 points en termes de performances entre ses matches à domicile et à l’extérieur. Au cours des trois dernières décennies, l’équipe n’a enregistré aucune victoire significative en dehors de ses frontières, soulignant l’importance de son environnement local.

Les tentatives d’intervention de la FIFA

En 2007, la FIFA a envisagé d’interdire les matchs se déroulant au-delà de 2 500 m, à la suite d’incidents où des joueurs de Flamengo ont dû utiliser de l’oxygène. Cette proposition a généré une forte réaction tant sur le plan politique que médiatique. Evo Morales, alors président bolivien, a qualifié cette décision de « violation de l’universalité du sport » et a fait appel à des figures telles que Diego Maradona pour s’y opposer.

Face à la pression des fédérations sud-américaines et à l’indignation générale, la FIFA a finalement révisé sa position et annulé l’interdiction. À ce jour, il n’existe aucune restriction sur les matchs en haute altitude, ce qui est clairement en faveur de la Bolivie.

Reactions et recherches

Après un match en 2017, Neymar a déclaré qu’il était « inhumain de jouer dans de telles conditions », et des photos ont montré ses coéquipiers avec des masques à oxygène.

Les études scientifiques corroborent également cette observation. Une recherche parue dans le British Medical Journal, analysant 1 460 matches sur plus d’un siècle dans dix pays d’Amérique du Sud, révèle que les équipes habituées à évoluer en altitude marquent plus de buts et remportent environ un tiers des matches supplémentaires.

Aujourd’hui, la Bolivie continue de bénéficier de la possibilité d’évoluer en altitude. Bien qu’elle puisse choisir de jouer à Santa Cruz de la Sierra, elle privilégie ses stades en haute altitude, où la raréfaction de l’oxygène pénalise les rivaux.

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