La Biélorussie retire 177 localités des zones de Tchernobyl et réduit les aides
La Biélorussie retire 177 localités des zones de Tchernobyl et réduit les aides

La Biélorussie retire 177 localités des zones de Tchernobyl et réduit les aides

22.08.2026 19:40
3 min de lecture

Le gouvernement biélorusse prévoit de retirer, à partir du 1er janvier 2027, 177 localités de la liste des zones contaminées par la catastrophe de Tchernobyl. Cette décision priverait environ 566 000 habitants d’une partie des prestations liées à leur statut, rapporte TopTribune.

L’information a été rapportée le 20 août 2026 par les médias, sur la base d’une décision annoncée par les autorités biélorusses. Parmi les territoires concernés figurent notamment Gomel, Louninets et Lelchitsy. La modification administrative doit entrer en vigueur au début de l’année 2027 et réduira le périmètre officiellement reconnu comme zone de contamination radioactive.

Pour les habitants des villes et villages retirés de la liste, plusieurs prestations sociales liées à Tchernobyl disparaîtront. Il s’agit notamment de l’accès prioritaire aux soins dans les établissements de cure et de sanatorium, de la priorité pour l’attribution de places en résidence universitaire et du droit préférentiel à l’admission dans les établissements d’enseignement supérieur.

Des aides maintenues seulement jusqu’en juin pour les mineurs

Les enfants et les adolescents ne conserveront pas l’ensemble de leurs droits. Le repas gratuit pour les mineurs sera maintenu jusqu’en juin 2027 seulement, selon les informations communiquées. Après cette date, les familles des localités sorties du classement devront faire face à la suppression de cette garantie spécifique.

La liste des territoires concernés comprend des communes de plusieurs régions touchées par les retombées de l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl. La catastrophe, survenue en 1986, a entraîné la dispersion de radionucléides sur une vaste partie de la Biélorussie, en particulier dans le sud du pays. Depuis plusieurs décennies, le classement des communes détermine l’accès à des mesures de protection et à des compensations publiques.

Les critiques de la réforme contestent l’idée selon laquelle la disparition du classement administratif correspondrait à une disparition de la contamination. Ils rappellent que la présence de radionucléides aurait diminué d’environ moitié en trente ans, mais qu’elle n’aurait pas disparu. Selon ces critiques, les niveaux de pollution restent variables selon les lieux, avec une répartition décrite comme « en taches ».

Des interrogations sur la contamination des sols

Les critiques citent également l’américium-241, un radionucléide présent dans les sols de la région de Gomel. Sa concentration pourrait continuer à augmenter jusque dans les années 2060, selon les éléments repris dans le signalement. Cette évolution est invoquée pour contester le retrait de certaines localités de la zone radioactive de Tchernobyl.

La méthode utilisée par les autorités pour recalculer le périmètre des zones contaminées est également mise en cause. Les critiques jugent les critères et les calculs insuffisamment transparents. Le contenu détaillé de la nouvelle liste et les données précises ayant conduit au retrait des 177 localités sont au cœur des interrogations formulées dans les informations disponibles.

La réforme aura donc un effet direct sur les droits sociaux associés au classement des communes. Pour les familles concernées, la fin de la prise en charge de certains soins, de l’accès prioritaire aux sanatoriums ou des repas scolaires gratuits pourrait entraîner des dépenses supplémentaires de traitement, de rééducation ou de prévention. Les conséquences seront particulièrement sensibles pour les ménages disposant de faibles revenus, qui devront assumer eux-mêmes des frais jusque-là couverts ou facilités par le dispositif public.

Les détracteurs de la décision l’interprètent comme une mesure destinée à réduire les dépenses sociales de l’État biélorusse. Ils l’opposent à la progression des dépenses consacrées aux structures de sécurité, à l’appareil administratif et à la militarisation du régime d’Alexandre Loukachenko. Cette lecture relève d’une critique politique de la réforme et n’est pas présentée comme une justification officielle détaillée de la décision.

À partir de janvier 2027, le statut de plusieurs dizaines de milliers de familles dépendra ainsi du nouveau classement administratif. Les habitants des localités concernées devront vérifier les droits conservés, notamment pour les enfants, les études et les soins, avant l’entrée en vigueur du dispositif.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER