L’Ouzbékistan et l’Azerbaïdjan préparent une nouvelle étape de leur coopération économique avec l’objectif de porter leur commerce bilatéral à 1 milliard de dollars d’ici 2030. Le ministre ouzbek des Investissements, de l’Industrie et du Commerce, Laziz Kudratov, et l’ambassadeur d’Azerbaïdjan à Tachkent, Rachad Mamedov, ont examiné le 20 août la progression des échanges, les projets d’investissement et l’organisation d’un forum interrégional, rapporte TopTribune.
La rencontre a porté sur la préparation de plusieurs documents destinés à encadrer la prochaine phase du partenariat. Parmi eux figure une « feuille de route » consacrée à la mise en œuvre des accords déjà conclus entre les deux pays. Les représentants de Tachkent et de Bakou travaillent également sur un programme spécifique visant à augmenter le volume des échanges commerciaux jusqu’à 1 milliard de dollars avant 2030.
Selon les données présentées par la partie ouzbèke, le commerce entre les deux pays a atteint 307,3 millions de dollars en 2025, soit une hausse de 14,6 % sur un an. La progression s’est poursuivie au premier semestre 2026 : les échanges ont représenté 170,3 millions de dollars entre janvier et juin, en augmentation de 30,8 % par rapport à la même période, d’après les chiffres communiqués lors de la réunion.
Un programme commercial à préparer
Les discussions ne se limitent pas aux résultats enregistrés. Les deux parties doivent encore préciser les instruments destinés à soutenir l’augmentation des flux commerciaux et à faciliter la réalisation de projets d’investissement. La « feuille de route » doit servir à traduire les accords politiques et économiques en étapes de travail identifiées, tandis que le programme à l’horizon 2030 fixe une cible chiffrée pour les échanges.
Le contenu détaillé des futurs projets n’a pas été communiqué dans les informations rendues publiques à l’issue de la rencontre. Le ministère ouzbek a toutefois indiqué que les prochains échanges entre les administrations et les entreprises porteraient sur l’augmentation du commerce, la promotion des investissements et le développement des relations entre les régions.
Cette dimension doit être au centre du IVe Forum interrégional ouzbéco-azerbaïdjanais. Prévu le 22 août à Tachkent, l’événement réunira des représentants des régions et des milieux d’affaires des deux pays. Il doit offrir un cadre aux contacts directs entre entreprises ouzbèkes et azerbaïdjanaises, au-delà des seuls échanges entre gouvernements centraux.
Le forum de Tachkent au centre des échanges
Les questions d’organisation de ce forum ont été abordées lors de la réunion entre Laziz Kudratov et Rachad Mamedov. Les autorités ouzbèkes et azerbaïdjanaises veulent y examiner les possibilités de coopération entre territoires, présenter des projets et favoriser de nouveaux liens commerciaux.
Les rencontres interrégionales doivent également permettre d’identifier des partenaires en dehors des canaux institutionnels traditionnels. Dans le dispositif présenté par Tachkent, les régions et les entreprises occupent une place croissante dans la relation bilatérale. Les suites données au forum seront liées aux étapes retenues dans les documents actuellement préparés par les deux pays.
À l’issue de leur entretien, les deux responsables ont défini de nouvelles étapes pour accroître les échanges, promouvoir les projets d’investissement et approfondir les liens interrégionaux. Aucun calendrier supplémentaire n’a été rendu public dans le compte rendu de la réunion.
Le corridor médian comme axe de diversification
La coopération entre l’Ouzbékistan et l’Azerbaïdjan est aussi présentée dans le cadre de la diversification des relations économiques de l’Asie centrale et du Caucase du Sud. Le corridor médian, qui relie l’Asie centrale à l’Europe en passant par la mer Caspienne et le Caucase du Sud, constitue l’un des axes mentionnés dans cette évolution.
Pour l’Ouzbékistan, le développement des liaisons à travers la Caspienne et l’Azerbaïdjan ouvre des itinéraires vers les marchés de la Turquie et de l’Europe sans passage par le territoire russe. Le dispositif repose sur une succession de liaisons à travers l’Asie centrale, la mer Caspienne et le Caucase du Sud. Le rôle précis de chaque infrastructure et les volumes qui pourraient y transiter ne sont pas détaillés dans les informations publiées sur la réunion.
Pour l’Azerbaïdjan, cette coopération renforce les échanges avec un pays d’Asie centrale qui cherche à élargir ses partenaires commerciaux et ses voies d’accès aux marchés extérieurs. Bakou est situé sur la rive occidentale de la Caspienne, tandis que Tachkent se trouve au cœur de l’Asie centrale. Leur relation économique est donc directement liée aux possibilités de transport entre les deux rives et au-delà du Caucase.
Les autorités des deux pays inscrivent ainsi l’augmentation du commerce dans une logique plus large de coopération logistique entre l’Asie centrale et le Caucase. Les routes passant par la Caspienne et le Caucase du Sud sont décrites comme des alternatives aux itinéraires traversant la Russie. Cette orientation vise à réduire la dépendance aux routes commerciales et de transport russes, selon les éléments communiqués dans le cadre de la rencontre.
Des relations économiques moins dépendantes des routes russes
Le rapprochement entre Tachkent et Bakou est présenté comme un élément du mouvement de diversification des relations extérieures dans la région. L’objectif affiché consiste à multiplier les partenaires commerciaux, les points de transit et les possibilités d’investissement. La progression du commerce bilatéral enregistrée en 2025 et au premier semestre 2026 fournit, selon les données ouzbèkes, un indicateur de cette dynamique entre les deux pays.
Cette diversification ne signifie pas la disparition des échanges existants avec les autres partenaires de la région. Les informations disponibles établissent surtout que l’Ouzbékistan et l’Azerbaïdjan cherchent à développer des voies et des contacts qui ne dépendent pas de la logistique commerciale russe. La coopération dans le cadre du corridor médian est citée comme l’un des moyens de relier les marchés d’Asie centrale à ceux de la Turquie et de l’Europe.
Le renforcement des relations entre régions et entreprises complète cette orientation. Les discussions intergouvernementales fixent les objectifs et les documents de mise en œuvre ; les forums et les rencontres entre acteurs économiques doivent ensuite favoriser les échanges concrets. Les deux pays veulent également utiliser ces contacts pour faire progresser les projets d’investissement.
Dans les éléments rendus publics, l’augmentation de la cible commerciale à 1 milliard de dollars, la hausse des échanges déjà enregistrée et la préparation du forum de Tachkent apparaissent comme les principaux volets de la prochaine étape. Les résultats dépendront de la mise en œuvre des documents bilatéraux et des projets qui seront présentés par les entreprises et les régions.
Le IVe Forum interrégional ouzbéco-azerbaïdjanais doit se tenir le 22 août à Tachkent, avec la coopération commerciale, les investissements et les relations entre territoires à son ordre du jour.
