Isère : 54 brebis tuées par des loups dans le Vercors, les éleveurs en colère

Isère : 54 brebis tuées par des loups dans le Vercors, les éleveurs en colère

12.10.2026 08:06
2 min de lecture

Une cohabitation en montagne demeure particulièrement difficile. Cinquante-quatre brebis d’un élevage ont été tuées récemment lors d’une attaque par une meute de loups dans le massif du Vercors en Isère, selon un communiqué de la préfecture publié dimanche, rapporte TopTribune.

Parmi les 54 victimes, une quinzaine de brebis ont été tuées directement par les loups. Les autres ont succombé par étouffement, entassées au fond d’un ravin dans leur fuite face aux prédateurs, a expliqué Sébastien Mollet, directeur du service départemental de l’Office français de la biodiversité (OFB) pour l’Isère.

Débat enflammé en montagne

Le débat s’intensifie alors que les éleveurs expriment une colère grandissante dans toutes les régions touchées par ces prédations. Ils demandent à l’État d’autoriser l’abattage d’un plus grand nombre de loups, ce qui suscite la réaction furieuse des organisations de défense de la faune.

L’abattage des loups est strictement réglementé par la loi. Il est interdit en milieu naturel, sauf pour la défense des troupeaux. Une procédure est mise en place pour les « tirs de prélèvement », indépendamment d’une attaque en cours. Chaque année, un quota maximum d’abattage est établi, basé sur une population estimée à un peu plus d’un millier de loups en 2026.

Combien de loups à abattre ?

Les éleveurs considèrent ce nombre comme largement sous-estimé. Ils signalent chaque année plus de 10 000 pertes dues aux attaques de loups.

Lors du Sommet de l’élevage jeudi en Auvergne, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé que le quota autorisé d’abattage de loups, réservé aux préfectures et principalement pour les louvetiers sous l’autorité de l’OFB, sera prochainement augmenté de 21 à 23 % de la population recensée.

Au cours des dix dernières années, les territoires fréquentés par les loups ont considérablement augmenté, passant de moins de 10 départements à plus de 60. Ce phénomène soulève des questions sur l’équilibre entre la protection de la faune sauvage et les besoins des éleveurs. Les tensions entre ces deux groupes continuent de croître, alors que les éleveurs se battent pour protéger leurs animaux tout en s’efforçant de vivre en harmonie avec la faune sauvage.

Ces récents événements mettent en lumière le besoin urgent d’un dialogue constructif et de solutions viables pour la cohabitation entre les éleveurs et les espèces sauvages. Les autorités doivent naviguer entre la protection de la biodiversité et les réalités économiques des agriculteurs, tout en répondant aux attentes de la société sur la conservation. La situation continue d’évoluer, et des décisions devront être prises pour assurer la sécurité des troupeaux tout en respectant les lois protégeant le loup, une espèce emblématique qui joue un rôle crucial dans l’écosystème local.

Alors que la pression monte, il est essentiel que les mesures prises tiennent compte des réalités sur le terrain, y compris les impacts économiques des pertes de bétail et la nécessité de gérer le comportement des loups. De nouvelles stratégies et réglementations devront être envisagées pour garantir que tous les acteurs puissent coexister de manière durable.

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