Immobilier ancien : baisse des prix, mais le coût d'achat augmente.

Immobilier ancien : baisse des prix, mais le coût d’achat augmente.

09.09.2026 10:56
4 min de lecture

Vous envisagez l’achat d’un bien immobilier ancien ? Les prix sont actuellement en baisse, mais cela ne signifie pas nécessairement que c’est une bonne chose pour les acheteurs potentiels. Au cours du deuxième trimestre 2026, les données révèlent une diminution de 0,8 % des prix dans l’immobilier ancien sur l’année précédente, selon l’indice Notaires-Insee, publié récemment. Les acheteurs ne semblent pas très enthousiastes à ce sujet. Explorons ensemble les trois principales dynamiques qui modifient le paysage de ce marché, rapporte TopTribune.

Évolution des prix : un panorama chiffré

Les chiffres montrant la baisse des prix de l’immobilier ancien sont significatifs. Par rapport à 2025, où les prix avaient connu une augmentation de 1,1 %, la baisse constatée au deuxième trimestre 2026 s’élève donc à 0,8 %. De plus, les prévisions pour le premier trimestre 2026 ont été revues, passant d’une augmentation initiale de 0,2 % à une diminution de 0,2 %. En tout, près de 958 000 ventes ont eu lieu au cours des douze derniers mois, une stabilisation par rapport à la dynamique observée entre octobre 2024 et décembre 2025.

Concernant les maisons individuelles, une chute de 1,3 % a été recensée sur l’année, tandis que les appartements n’affichent qu’une légère régression de 0,1 %. En Île-de-France, là où les maisons ont subi une baisse de 1,5 %, les appartements ont en revanche enregistré une légère hausse de 0,3 %, établissant un prix moyen de 6 130 euros le mètre carré, d’après les indications de la Chambre des notaires du Grand Paris. À l’échelle nationale, d’autres régions montrent également une tendance à la baisse, avec un recul moyen de 1 % des prix. Ce phénomène accentue les disparités géographiques : certaines zones urbaines continuent d’attirer les acheteurs, tandis que les maisons situées dans des zones rurales ou périphériques peinent à se vendre.

Les raisons de cette diminution : trois causes majeures

L’augmentation des taux de crédit constitue le facteur principal de cette tendance. Le taux moyen des prêts immobiliers est passé de 3,20 % en août 2025 à 3,50 % en septembre 2026 pour les emprunts sur 20 ans. Selon la Banque de France, le taux s’est établi à 3,97 % au deuxième trimestre 2026. Pour une emprunt de 200 000 euros sur 20 ans, cela entraîne une hausse d’environ 80 euros de la mensualité entre ces deux périodes, ce qui réduit le pouvoir d’achat des ménages. Ce changement imposé entraîne une nécessité d’adaptation, les acheteurs étant contraints d’ajuster leurs attentes ou d’abandonner l’idée d’achat, poussant les vendeurs à accepter des réductions allant de 5 à 10 % pour conclure des transactions.

Depuis fin février 2026, le contexte géopolitique, notamment la guerre au Moyen-Orient, a contribué à la montée des prix des combustibles. L’inflation grimpe, et les banques centrales adoptent une politique monétaire plus restrictive, maintenant ainsi des taux d’intérêt élevés. Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), met en avant le fait que cette guerre a eu un impact dévastateur sur le pouvoir d’achat des ménages. L’augmentation des coûts énergétiques affecte fortement les biens anciens, souvent nécessitant des travaux de rénovation énergétique. Les biens immobiliers classés en passoire thermique (classification F ou G) subissent ainsi une décote de 15 à 25 %.

La campagne présidentielle en cours crée une atmosphère d’incertitude. Les ménages semblent réticents à s’engager dans un achat important alors que l’avenir politique est flou. Élodie Frémont, membre de la commission statistique des notaires du Grand Paris, souligne : « L’activité reprend avec prudence, impactée par un environnement économique incertain et une confiance des ménages diminuée. » Il y a un sentiment d’attentisme généralisé, où les projets d’achats sont souvent reportés en attente de signes plus clairs sur le marché.

Que signifie cela pour les acheteurs ?

Les vendeurs ne semblent plus être en position de force sur le marché. La baisse des prix dans l’immobilier ancien ouvre de nouvelles possibilités de négociation. Un appartement proposé à 250 000 euros pourrait être discuté autour de 235 000 euros, surtout s’il présente des défauts énergétiques. De plus, les délais pour conclure une vente s’allongent, atteignant trois à quatre mois, contre deux mois en 2025. Les acheteurs patients peuvent tirer profit de conditions plus favorables. Cependant, il est crucial de ne pas négliger les coûts de rénovation, notamment pour les maisons anciennes. De plus, les aides au logement ayant diminué depuis 2017, le reste à charge pour les acheteurs peut devenir significatif.

Bien que la baisse des prix donne l’impression d’opportunités, l’achat reste onéreux en raison de l’augmentation des taux d’intérêt. Par exemple, un couple souhaitant emprunter 250 000 euros sur 20 ans verra le coût total atteindre environ 340 000 euros avec un taux de 3,50 %, contre 320 000 euros à 3,20 %. Cette différence de 20 000 euros représente un obstacle supplémentaire pour les primo-accédants, déjà touchés par l’inflation, dont la capacité d’emprunt a diminué de 10 à 15 %. De plus, les banques sont de plus en plus exigeantes : un apport personnel de 10 à 20 %, un taux d’endettement limité à 35 %, et une situation professionnelle stable sont désormais de rigueur. Pour les seniors, optimiser sa fiscalité devient capital pour dégager des liquidités.

Que nous réserve l’avenir ? L’attention portée à la BCE

La prochaine décision de la Banque centrale européenne, attendue le 10 septembre 2026, sera déterminante pour l’orientation du marché immobilier. Une potentielle baisse des taux directeurs pourrait redynamiser l’activité, mais l’inflation persistante complique les choix. Les Notaires de France prévoient une stabilisation des prix pour le second semestre 2026, à condition que les tensions géopolitiques s’atténuent. Pour les acheteurs, il est conseillé de négocier avec fermeté, de comparer attentivement les offres de crédit, et d’intégrer les frais de rénovation énergétique dans leurs budgets. Le marché de l’immobilier ancien traverse une période de transformation qui offre des opportunités, tout en requérant une vigilance et une préparation adéquates.

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