Un projet controversé de 280 millions d’euros a été validé pour la construction d’un élevage de saumons en circuit fermé au Verdon-sur-Mer en Gironde, marquant une première en France. La préfecture a annoncé que cette implantation, portée par la société Pure Salmon et financée par un fonds d’investissement singapourien, répond à des normes environnementales strictes et vise à produire 10 000 tonnes de saumon par an sur 14 hectares, rapporte TopTribune.
La préfecture justifie ce projet par plusieurs enjeux d’intérêt général, comme la reconversion d’une friche industrialo-portuaire à la pointe du Médoc, ainsi que la création de 250 emplois directs. Actuellement, 99 % du saumon consommé en France est importé, rendant la production locale d’autant plus cruciale.
Un projet « complètement démesuré » selon 27 ONG
En juillet, le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) a donné son aval au projet, après un avis favorable de la commission d’enquête publique en mars. Ce feu vert inclut des prescriptions environnementales strictes pour encadrer la construction et l’exploitation de l’installation. Cependant, au même moment, une proposition de loi, soutenue par une centaine de députés, a été déposée à l’Assemblée nationale pour réclamer un moratoire de dix ans sur ces fermes-usines de saumons.
Un groupement de 27 ONG a dénoncé cet investissement comme « complètement démesuré », affirmant qu’il pourrait mettre en péril l’écosystème de l’estuaire de la Gironde, le plus grand et le plus sauvage d’Europe. Ces organisations soulignent les risques de rejets de boues nuisibles à la pêche et à la conchyliculture locales.
Pure Salmon défend un « impact maîtrisé sur la biodiversité »
La société Pure Salmon défend son projet en affirmant que sa technologie éprouvée garantit « un impact maîtrisé sur la biodiversité », mettant en avant que le bien-être animal est central dans sa démarche. Ils assurent également que l’approvisionnement des saumons est conforme à des normes strictes, garantissant ainsi une alimentation « responsable et traçable ».
Le projet suscite également des controverses au sein du gouvernement. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a exprimé son opposition « à titre personnel » lors d’une audition au Sénat au mois d’avril. Toutefois, Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, a déclaré lors d’un déplacement en Gironde en juin que s’il respecte les cadres environnementaux, il n’y aurait aucune raison de s’y opposer.
Contexte et répercussions
Avec le choix de multiplier les projets de production de saumon en France, le gouvernement cherche à diversifier ses sources alimentaires et diminuer la dépendance aux importations. Toutefois, cette stratégie est confrontée à de nombreuses critiques, prenant en compte les enjeux environnementaux et l’intégrité de l’écosystème unique de l’estuaire de la Gironde.
D’autres espèces maritimes et pratiques traditionnelles de pêche locales pourraient être menacées par l’éventuelle pollution et les modifications de l’environnement apportées par l’implantation de telles usines. Les partisans de cette initiative affirment que les investissements dans des projets durables et éthiques sont nécessaires pour s’adapter aux besoins croissants de la consommation de poisson, mais les critiques soutiennent qu’une réflexion plus approfondie et une approche plus équilibrée sont essentielles avant de poursuivre dans cette voie.
Alors que le projet avance, les discussions sur la régulation des élevages marins et les mesures de protection de l’environnement s’intensifient. La surveillance des impacts environnementaux et des mesures compensatoires deviennent cruciales pour apaiser les préoccupations des ONG et des habitants de la région, et assurer une transition responsable vers une production locale de saumon.