François Hollande en quête de retour : stratégie et rivalités au sein de la gauche
François Hollande, ancien président de la République française, intensifie ses efforts pour se positionner comme le leader de la gauche social-démocrate, au détriment de Raphaël Glucksmann. Cet engagement se manifeste à travers des débats et des rencontres, notamment une journée de débats au Mans le 27 juin, où il sera aux côtés de Glucksmann et Bernard Cazeneuve, intéressé par la présidentielle, rapporte TopTribune.
Bien qu’Hollande n’ait pas officiellement annoncé sa candidature pour 2027, il a exprimé qu’il se « préparait » pour le scrutin, suscitant des spéculations sur un éventuel retour en politique. Un proche a souligné la détermination d’Hollande, le qualifiant de « bête politique », qui croit toujours à ses chances, même après avoir quitté l’Élysée il y a plus de neuf ans.
« François Hollande, il est au bord du marigot qui se remplit de candidats. Il connaît le job et le pays sur le bout des doigts. »
Un cadre du PS, soutien de François Hollande
Hollande a souligné la nécessité d’une préparation sérieuse avant de se lancer dans la course présidentielle. Conscient des défis qui l’attendent, il a précisé qu’il ne se déclarera candidat que lorsqu’il sera prêt. En 2024, il a été élu député de Corrèze sous la bannière du Nouveau Front populaire, et il a établi un calendrier pour savoir s’il se présentera à l’élection : « Le mois de décembre est le mois de la candidature ».
Pour renforcer sa position, il a également prévu la publication de son 17e livre, Il est minuit moins le quart, à l’automne, et a lancé une association de financement pour lever des fonds. À Paris, ses bureaux semblent être un centre d’activité intense, où des conseillers travaillent sur sa stratégie, communication et programme.
« Beaucoup de gens viennent le voir, mais à part lui, personne ne sait qui le voit dans sa totalité, c’est assez cloisonné. »
Wilfrid Pailhès, proche de François Hollande
Ses interactions à l’Assemblée nationale indiquent une popularité notable au sein du Parti socialiste, bien qu’il reste en retrait. Un cadre du Rassemblement national a noté que, même si les députés socialistes ne sont pas tous avec lui, la plupart lui témoignent du respect. Dans le baromètre Ifop-Paris Match de juin, Hollande est en huitième position avec 44% de bonnes opinions, surpassant Glucksmann et Mélenchon.
Malgré ces éléments positifs, certains à gauche estiment qu’Hollande ne pourra pas retrouver l’Élysée, en raison de son retrait en 2017. Des critiques émergent, soulignant le besoin de renouvellement au sein du PS. Ses partisans, néanmoins, pensent qu’il a pu montrer qu’il n’était pas obsédé par le pouvoir, ce qui pourrait jouer en sa faveur.
« Il ferait un excellent président de la République dans le moment que connaîtra la France l’année prochaine. »
Gaspard Gantzer, ancien conseiller en communication de François Hollande
Pour réussir, Hollande devra élaborer un nouveau projet attractif, loin de ses précédentes propositions. Il est attendu qu’il dessine les contours de son programme d’ici septembre, en rassemblant une équipe pour élaborer dix propositions pour la France. Sa candidature pourrait également compliquer la situation pour Glucksmann, qui doit décider de se lancer ou non à la fin de l’été.
L’engagement d’Hollande semble perturber les ambitions des autres leaders de gauche, notamment Olivier Faure, le président du PS, qui voit sa position menacée. Actuellement, l’ancien président continue de parcourir le pays, se produisant même dans des programmes humoristiques, tout en se projetant dans un rôle politique actif.