François Bayrou plaide pour une primaire élargie face aux extrêmes pour l'élection présidentielle de 2027

François Bayrou plaide pour une primaire élargie face aux extrêmes pour l’élection présidentielle de 2027

10.08.2026 17:56
2 min de lecture

François Bayrou appelle à l’unité au sein du bloc central, mettant en garde contre le « risque » d’un deuxième tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2027 dans un entretien au Figaro, rapporte TopTribune. Pour éviter ce duel « mortel pour la nation », le patron du MoDem suggère l’organisation d’une grande primaire, incluant Bruno Retailleau et le Parti socialiste. « Tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d’organiser une compétition entre les candidats potentiels. Chacun défend sa vision de l’avenir et un vote le plus ouvert possible a lieu fin janvier ou début février pour décider », indique l’ex-maire de Pau. Mais cette primaire est-elle réellement envisageable ?

Pourquoi une telle proposition ?

Au sein du bloc central et de la droite, les candidatures se multiplient. Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Dominique de Villepin et David Lisnard sont déjà en lice pour l’Elysée. D’autres, comme le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand et des figures comme Gérald Darmanin ou d’anciens Premiers ministres Michel Barnier et Elisabeth Borne, envisagent sérieusement leur candidature. Cette prolifération de candidatures pourrait causer un embouteillage au premier tour de la présidentielle.

« Il n’y a pas besoin d’avoir fait Sciences Po ou l’ENA pour comprendre que si ne serait-ce que deux ou trois de ceux-là y vont, on est morts ! », explique un député Les Républicains. Dans les sondages, Marine Le Pen reste largement en tête (34-35 %), suivie par Jean-Luc Mélenchon, qui atteint des sommets inédits à quelques mois de la présidentielle (15 %), prêt à se qualifier pour le second tour.

Est-ce vraiment envisageable ?

Edouard Philippe et Gabriel Attal ont déjà signalé leur volonté de trouver « un processus de départage » d’ici février prochain. Toutefois, l’idée de primaire évoquée par Attal n’a pas convaincu le maire du Havre, actuellement en tête dans les enquêtes d’opinion. De son côté, Bruno Retailleau affirme qu’il sera candidat jusqu’au bout, malgré les doutes exprimés en interne par certains cadres LR. Alors que la primaire de la droite et du centre semble compromise, l’hypothèse de François Bayrou d’y inclure la gauche socialiste paraît inenvisageable, rejetée par les principaux intéressés.

« C’est précisément en continuant à dire aux Français que la droite et la gauche  »c’est pareil » que l’on fera monter l’extrême droite », rétorque le député socialiste du Val-d’Oise, Romain Eskenazi. Sacha Houlié, soutien de Raphaël Glucksmann, renchérit : « Il faut être aveugle pour penser que la gauche de gouvernement peut s’accommoder d’un accord avec LR de Retailleau, et la dérive autoritaire du bloc central, qui sert de marche-pied au RN, disqualifie aussi ces réflexions ».

Romain Eskenazi conclut : « Après la censure de son gouvernement et son échec aux municipales à Pau, il est temps pour François Bayrou d’arrêter la politique. » Malgré tout, même durant l’été, l’ancien Premier ministre semble vouloir exister politiquement, mais il peine à convaincre, comme à l’époque de son passage à Matignon.

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