Fin des cartes de crédit pour les courses : découvrez comment vos achats au supermarché vous reviennent 20 % plus chers sans que vous ne le réalisiez.

Fin des cartes de crédit pour les courses : découvrez comment vos achats au supermarché vous reviennent 20 % plus chers sans que vous ne le réalisiez.

08.09.2026 08:16
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Payer par carte au lieu d’utiliser des espèces incite les consommateurs à effectuer des dépenses plus élevées. Tel est le constat tiré d’une méta-analyse parue en 2024 dans une revue scientifique, réalisée par des chercheurs australiens. Cette analyse a examiné un total de 71 études, impliquant environ 11 000 participants, réparties sur 17 pays, rapportent TopTribune.

Les chercheurs ont désigné ce phénomène sous le nom de « cashless effect », affirmant que les paiements numériques entraînent systématiquement une augmentation des dépenses par rapport aux transactions en espèces. Bien qu’ils jugent cet effet limité, son impact est considéré comme significatif.

L’explication de ce comportement réside dans la simplicité du processus de paiement. Richard Whittle, économiste à la Salford Business School, souligne que cette méthode incite les consommateurs à dépenser de manière impulsive, en acquérant des articles superflus.

Stuart Mills, maître de conférences en économie à l’université de Leeds, propose une autre interprétation : selon lui, les paiements en espèces offrent un retour immédiat et tangible sur les dépenses, rendant le processus d’achat plus conscient. Ce moment, qualifié de douloureux, peut dissuader certains consommateurs de réaliser leurs achats, agissant ainsi comme un frein utile.

Cette hypothèse est corroborée par des recherches en neurosciences. Une étude réalisée en 2011 dans le Journal of Consumer Research révèle que manipuler des billets active des zones cérébrales associées à l’inconfort psychologique et à l’aversion aux pertes. D’après Manoj Thomas, professeur de marketing à l’université Cornell et auteur de cette étude, cette activation cérébrale peut inciter les consommateurs à remettre en question la nécessité de l’achat, ce qui est perçu comme salvateur.

« Utiliser des espèces ancre la valeur des biens dans notre esprit. C’est le meilleur moyen de contrôler son budget », résume-t-il.

Les cartes de fidélité et le piège supplémentaire

Le paiement par carte bancaire est souvent couplé avec une autre action habituelle : sortir sa carte de fidélité, permettant aux détaillants de suivre les habitudes d’achat des clients pour leur adresser des publicités ciblées.

Aujourd’hui, un nouveau danger guette les utilisateurs de cartes de crédit lors de leurs courses : l’endettement progressif. Bien qu’initialement conçue pour des achats occasionnels, la carte de crédit s’est progressivement intégrée dans les dépenses quotidiennes.

Lorsque le solde impayé n’est pas réglé rapidement, des intérêts s’accumulent, créant ainsi une spirale d’endettement, tandis que l’utilisateur peut avoir l’illusion de disposer d’une plus grande marge financière qu’il n’en a réellement, ce qui constitue un piège d’autant plus fort dans un contexte de revenus restreints.

Les spécialistes proposent des conseils pratiques pour éviter ce type de désastre financier :

  1. Établir une liste d’achats précise avant d’entrer dans un magasin, afin de limiter les dépenses impulsives.
  2. Privilégier l’utilisation d’espèces pour mieux visualiser et maîtriser ses dépenses.
  3. Faire des bilans réguliers de son budget pour identifier les domaines nécessitant des économies.
  4. Utiliser la carte de crédit uniquement pour des achats significatifs, comme des meubles ou des appareils électroménagers.

Des expériences informelles suggèrent que sortir une pièce ou un billet de 5 euros suffirait à mieux résister aux tentations durant la journée, tandis qu’un budget préétabli est plus susceptible d’être respecté avec des paiements en liquide qu’avec une carte. Les auteurs de l’étude australienne espèrent que leurs conclusions dépasseront le milieu académique pour toucher le grand public ainsi que les acteurs économiques et les décideurs politiques.

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