Selon un rapport de la Banque de France publié en juillet 2025, l’encours moyen d’un compte courant en France s’élève à 7 701 euros. Toutefois, cette donnée masque d’importantes disparités : la moitié des Français détient moins de 1 000 euros sur leurs comptes, tandis que l’autre moitié dispose de montants plus élevés. Ce contraste souligne à quel point la représentation de la gestion de l’argent en France peut varier. Cela soulève également la question de la somme raisonnable à maintenir sur un compte courant qui, de surcroît, n’est pas rémunéré, celui utilisé au quotidien pour régler factures et autres dépenses, rapporte TopTribune.
Un repère autour de 1 000 euros
RMC Conso recommande de conserver une épargne de disponibilité sur son compte courant, un montant facilement accessible pour les dépenses quotidiennes comme le loyer, les factures, et les courses. Ce montant idéal peut varier en fonction du pouvoir d’achat de chaque individu, mais une somme d’environ 1 000 euros est souvent citée comme un bon point de repère. Cela permet de gérer ses dépenses sans risque de découvert ni de frais additionnels.
Conserver trop peu d’argent expose à des situations délicates lorsque des dépenses imprévues se présentent. À l’inverse, avoir une trop grande somme sur un compte courant n’est pas judicieux, étant donné qu’il n’offre aucun rendement comparativement à un livret d’épargne. De plus, dès le 20 novembre 2026, de nouvelles règles visant à mieux protéger les consommateurs seront mises en place concernant les autorisations de découvert.
Le plafond de 100 000 euros à ne pas dépasser
Sur le plan technique, un compte courant n’est pas soumis à un plafond, à la différence de produits d’épargne tel que le Livret A ou le LDDS. Néanmoins, il est conseillé de ne pas dépasser 100 000 euros d’épargne. En effet, au-delà de ce montant, les dépôts ne bénéficient plus de la couverture du Fonds de garantie des dépôts et de résolution. En cas de défaillance de la banque, l’excédent ne serait pas remboursé au titulaire.
Cette restriction ne concerne qu’une fraction de la population. Un client possédant des comptes dans plusieurs établissements pourra compter sur une garantie allant jusqu’à 100 000 euros pour chaque banque. De plus, un compte joint est protégé jusqu’à 100 000 euros pour chacun des co-titulaires. Un simulateur est à la disposition des clients pour évaluer le niveau de couverture proposé par leur banque.
La problématique se pose différemment si une somme substantielle est perçue d’un coup, comme lors d’un héritage ou de la vente d’un bien immobilier. Légalement, il n’y a aucune interdiction à laisser ces fonds sur un compte courant, quelle que soit leur provenance.
Pour une meilleure gestion, la méthode du reste à vivre est recommandée : elle consiste à soustraire les dépenses fixes (comme le loyer, les charges et les crédits) du revenu mensuel. Le trop-perçu peut ainsi être alloué à l’alimentation, aux loisirs et aux imprévus. En règle générale, il est conseillé de garder l’équivalent d’un mois de dépenses courantes sur le compte, montant à ajuster à la hausse en cas de revenus irréguliers.
Au-delà de cette somme de base, une épargne de précaution, représentant entre trois et six mois de salaire, est cruciale pour faire face à des situations imprévues plus complexes, telles que des frais médicaux ou des réparations urgentes. Il n’est pas nécessaire de maintenir cette épargne sur un compte courant.
Une fois cette épargne de précaution constituée, les restes peuvent être judicieusement placés dans des comptes sécurisés, tels que le Livret A ou le LDDS, qui proposent un taux de rémunération de 1,7 % depuis le 1er août 2026, ou via des fonds en euros d’assurance vie. Le Livret d’épargne populaire, accessible sous conditions de revenu, offre quant à lui un taux de 2,5 %.
Les surplus peuvent également être investis pour accroitre le capital : c’est le cas notamment des assurances vie en unités de compte, des plans d’épargne retraite, des plans d’épargne en actions, ou des investissements immobiliers directs ou en SCPI. Diversifier ses investissements sur plusieurs classes d’actifs ou secteurs géographiques permet de minimiser le risque face aux fluctuations du marché.
D’un point de vue fiscal, le capital sur un compte courant n’est pas lui-même soumis à imposition ; c’est l’origine des fonds, comme ceux perçus d’un salaire, qui est retenue pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Si le compte génère des intérêts, ceux-ci relèvent des revenus mobiliers et sont imposables à un taux forfaitaire de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, à moins d’opter pour le barème progressif.
Superviser une somme importante sur un compte courant non rémunéré présente également un inconvénient majeur : l’inflation continue à roder la capacité d’achat de ses fonds, quel que soit leur objectif d’épargne.