Nouveau cartable, trousse bien garnie et coupe de cheveux rafraîchie… Ce lundi, les membres du gouvernement français font leur rentrée sous la direction de Sébastien Lecornu. Les ministres se retrouvent dans la salle de classe de l’Élysée pour un séminaire de rentrée où les sujets à l’ordre du jour incluent la rentrée scolaire, l’agriculture et les cyberattaques, avant de se pencher sur le délicat dossier du budget 2027. Alors que la finalisation du budget semble difficile, Sébastien Lecornu et son équipe ont déjà quelques idées. Voici à quoi pourrait ressembler le fragile budget 2027 de la France, rapporte TopTribune.
Un déficit béant difficile à combler
Le déficit de la France continue de se creuser, sous l’effet des conflits internationaux et des crises successives. En 2025, le déficit avait été légèrement réduit à 5,1 %. Cependant, durant les six premiers mois de 2026, les dépenses publiques ont une nouvelle fois aggravé la situation. De janvier à juin, le déficit budgétaire s’est creusé de plus de six milliards d’euros, atteignant 106,8 milliards d’euros.
Il est urgent de redresser les comptes publics. Sans fixer d’objectif chiffré, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a indiqué que le déficit pour 2027 ne pourrait pas être « pire que celui de 2025 », d’autant plus que la dette continue de croître face à la hausse des taux d’intérêt.
Un budget « réversible » pour le futur Président
À moins de huit mois d’une élection présidentielle incertaine, le Premier ministre souhaite opter pour un budget « réversible », qui pourrait être modifié par la future majorité. Dans une interview accordée au Parisien, Sébastien Lecornu a promis un budget « sans grande réforme », mais comportant des mesures « difficiles » sans pour autant être « brutales ».
Pas de hausse d’impôts
Le budget 2027 ne proposera aucune hausse d’impôts par rapport à 2026. « Il y a une présidentielle, ce n’est pas à ce gouvernement de toucher aux grands leviers fiscaux », a-t-il souligné.
Des ministères qui vont trinquer
Les dépenses des ministères seront examinées attentivement. Les budgets des ministères régaliens de la Défense, de la Justice, de l’Intérieur et de l’Éducation seront préservés et bénéficieront de crédits supplémentaires. En revanche, des baisses sont à prévoir dans des domaines tels que l’agriculture, la santé et le travail, particulièrement après un été marqué par la canicule et la sécheresse.
Les « abus » des arrêts maladie auscultés
Pour tenter de redresser ses comptes, le gouvernement envisage de « lancer une vraie réforme avec les partenaires sociaux » concernant les « abus » des arrêts maladie, qui ont coûté plus de douze milliards d’euros l’an dernier. « La progression des arrêts maladie est préoccupante pour les comptes publics, mais également pour l’ambiance dans les administrations et les entreprises », a déclaré le Premier ministre, tout en soulignant que trop d’abus nuit à l’accompagnement des arrêts de travail de ceux qui sont vraiment malades.
Pas de gel du RSA
Pour le budget 2027, le gouvernement a exclu un gel du Revenu de solidarité active (RSA) et n’envisage pas, a priori, de modifier les « petites retraites ». Cependant, il étudie la possibilité d’une moindre revalorisation des pensions pour les plus aisés.
Le déremboursement de certains médicaments est également à l’étude, avec la possibilité d’envisager cette mesure lorsque le bénéfice thérapeutique est jugé « faible ».
Les grandes entreprises surtaxées ?
Le gouvernement envisage de reconduire la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, une question brûlante dans le contexte des bénéfices records affichés par TotalEnergies, qui suscite des réactions au sein de l’opinion publique et parmi les ministres. Toutefois, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, propose de réduire la surtaxe sur ces grands groupes, estimant que reproduire cette taxe en l’état enverrait un très mauvais signal aux investisseurs internationaux.