Il est possible d’être exempté de la taxe foncière sans en avoir connaissance dans certaines situations spécifiques, avertit Brice Cardi, président de l’Adresse. Parmi ces situations, les propriétaires âgés de plus de 75 ans au 1er janvier 2026 peuvent bénéficier d’une exonération totale pour leur résidence principale, à condition que leur revenu fiscal de référence en 2025 ne dépasse pas 12 793 euros pour une personne seule, rapporte TopTribune.
Ce seuil n’est pas permanent et augmente de 3 416 euros pour chaque demi-part supplémentaire, atteignant un maximum de 19 625 euros pour un couple. Le revenu fiscal à considérer est indiqué sur l’avis d’imposition, un document que de nombreux contribuables oublient de vérifier en conjonction avec leur avis de taxe foncière.
Un abattement automatique pour ceux entre 65 et 75 ans
Les propriétaires âgés de 65 à 75 ans n’ont pas droit à une exonération totale. Toutefois, si leurs revenus se situent dans les mêmes limites, l’administration fiscale met en application un dégrèvement de 100 euros sur le montant de la taxe due pour leur résidence principale, sans qu’aucune démarche soit nécessaire de leur part.
D’autres groupes démographiques bénéficient également de réductions sans avoir à fournir de preuves de revenus. Les personnes qui perçoivent l’Allocation de solidarité aux personnes âgées et l’Allocation supplémentaire d’invalidité sont dispensées de taxe de manière automatique. De même, ceux qui touchent l’Allocation aux adultes handicapés en bénéficient, mais sous conditions de ressources.
Les cas de seniors vivant en maison de retraite ou en Ehpad méritent une attention particulière, car ils conservent l’exonération sur leur ancien logement, tant que celui-ci reste inoccupé. Si leurs revenus dépassent légèrement les limites fixées, un mécanisme de lissage dégressif est en place pour éviter une perte immédiate de l’exonération.
Pour les propriétaires ne satisfaisant à aucun de ces critères d’exonération, il existe un autre filet de sécurité : un plafonnement de la taxe foncière à 50 % des revenus du foyer pour la résidence principale. Ce dispositif concerne les propriétaires non soumis à l’impôt sur la fortune immobilière en 2025, et dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 30 083 euros pour une part. Pour bénéficier de cette mesure, il est nécessaire de soumettre le formulaire 2041-DPTF-SD aux autorités fiscales d’ici le 31 décembre 2027.
Des dispositifs supplémentaires existent pour certains logements neufs, pour des propriétaires selon des critères de revenus, ou encore pour des biens ayant subi des travaux de rénovation énergétique. Brice Cardi indique que « ces exonérations reposent toutefois sur des critères précis et, dans certains cas, nécessitent une décision de la commune ou de l’intercommunalité ».
Les travaux de rénovation doivent respecter des seuils spécifiques. Il est important de noter que l’exonération, bien que temporaire, ne réduit pas nécessairement toutes les lignes de l’avis, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères étant souvent maintenue.
Le président de l’Adresse met également en garde contre une idée reçue très répandue, suggérant qu’une rénovation énergétique entraîne automatiquement une exonération de la taxe foncière.
Ces dispositifs se révèlent cruciaux dans un contexte où la taxe foncière est en hausse dans une grande partie de la France, en raison de la revalorisation des bases fiscales. En effet, la valeur locative cadastrale, servant de base au calcul, devrait augmenter d’environ 0,8 % en 2026 sous l’effet de l’inflation, touchant ainsi de nombreux ménages, y compris des retraités.
Face à cette augmentation, il est recommandé d’examiner attentivement son avis dès sa réception, même si l’exonération est censée être accordée automatiquement. En cas d’erreur ou de difficulté financière passagère, une demande de remise gracieuse peut être adressée directement au centre des impôts compétent.