Condamnée à la prison à perpétuité pour avoir empoisonné trois membres de sa belle-famille avec des champignons vénéneux, Erin Patterson se retrouve de nouveau devant la justice australienne. Ce mercredi, la cour d’appel de Melbourne examine les recours de la quinquagénaire, qui conteste sa condamnation, mais également celui du parquet, qui réclame une peine plus sévère, rapporte TopTribune.
Son procès avait provoqué une onde de choc en Australie. Accusée d’avoir tué trois proches en servant un repas empoisonné, Erin Patterson est jugée en appel à partir de ce mercredi 19 août. Les avocats de l’Australienne, condamnée pour un triple meurtre aux champignons vénéneux et se déclarant victime d' »erreurs judiciaires », soutiennent que le jury de première instance ne s’était pas convenablement isolé.
Pendant deux jours, trois juges de la Cour d’appel de Melbourne doivent examiner deux recours : de l’autre côté, la tentative d’Erin Patterson de faire annuler sa peine de réclusion à perpétuité avec possibilité de libération conditionnelle après 33 ans et la demande du parquet pour une peine plus sévère.
Erin Patterson a été reconnue coupable par un jury de 12 personnes d’avoir mortellement empoisonné, en 2023, trois membres de sa belle-famille en leur servant un bœuf Wellington, une spécialité anglaise, aux amanites phalloïdes. Les parents de son époux, dont elle est séparée, Don et Gail Patterson, ainsi que la tante de celui-ci, Heather Wilkinson, ont succombé à l’hôpital dans les jours suivant l’ingestion.
Âgée de 51 ans, Erin Patterson a également été reconnue coupable de tentative de meurtre sur l’oncle de son mari, le pasteur Ian, seul survivant de ce repas organisé chez elle à Leongatha, un village du sud-est de l’Australie. Son mari, Simon, avait décliné l’invitation.
« Manquement fondamental »
Le procès d’Erin Patterson en première instance, jusqu’à sa condamnation en septembre 2025, a captivé l’attention des médias du monde entier. Les auditions ont débuté à 10 h 15 (2 h 15 de Paris). Selon des images du diffuseur public ABC, elle a comparu par vidéo depuis le Dame Phyllis Frost Centre, où elle est incarcérée, arborant un pull bleu.
Son avocat, Richard Edney, a soutenu que des jurés de première instance avaient séjourné dans le même hôtel qu’un témoin ainsi que des membres de l’accusation durant les délibérations, ce qui constitue un « manquement fondamental » au processus judiciaire. Toutefois, il a reconnu ne disposer d’aucune preuve établissant que le jury avait communiqué avec des tiers.
Veronika Drago, une autre avocate d’Erin Patterson, a plaidé que certains éléments de preuve retenus par la cour, relatifs à des antennes-relais et des signalements concernant des champignons vénéneux, ne pouvaient être considérés comme fiables.
Le parquet estime la période de sûreté « insuffisante »
La quinquagénaire affirme avoir été victime de plusieurs « graves erreurs judiciaires ». La défense a en outre accusé le parquet d’avoir mené un contre-interrogatoire « injuste et oppressif » durant le procès initial.
Avant de débattre sur le fond, les juges de la Cour d’appel doivent déterminer si les motifs invoqués justifient d’accorder à Erin Patterson la possibilité de contester sa condamnation.
De son côté, le parquet a fait appel de la peine prononcée contre Erin Patterson, considérant que la période de sûreté de 33 ans imposée par le juge était « manifestement insuffisante ». Selon le parquet, le juge aurait été « influencé » par la forte probabilité qu’Erin Patterson soit placée à l’isolement pendant des années.