Des camions-citernes acheminent de l'eau potable en Aubrac face à une sécheresse sans précédent

Des camions-citernes acheminent de l’eau potable en Aubrac face à une sécheresse sans précédent

19.08.2026 08:17
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Sur le haut plateau de l’Aubrac dans le Massif central, l’approvisionnement en eau devient de plus en plus problématique. Des canicules répétées et une sécheresse historique ont entraîné le dépérissement des chênes, l’assèchement de certains cours d’eau, et une végétation ravagée par la chaleur. Jean Valadier, maire d’Argences-en-Aubrac et président de la communauté de communes Aubrac-Carladez-Viadène, décrit la situation : les plaines ressemblent désormais à « un paillasson », rapporte TopTribune.

Depuis le 6 juillet, le bassin du Carladez, regroupant six municipalités, subit un grave manque d’eau. Environ 3 000 habitants, ainsi que de nombreux touristes, reçoivent 50 % de leur approvisionnement en eau potable par camions-citernes. Cette situation est sans précédent pour une période aussi avancée dans l’année. Bien que quelques orages aient temporairement soulagé la situation, Jean Valadier avertit que le besoin de réapprovisionnement persistera si la sécheresse se prolonge.

Système d’approvisionnement mis à mal

Le ministère de la Transition écologique indique qu’environ une centaine de communes à travers la France ont besoin de réapprovisionnements en eau potable par camions-citernes cet été. D’autres mesures sont envisagées, telles que l’interconnexion temporaire de réseaux ou la gestion graduée de la ressource, pouvant inclure des coupures programmées.

Au Carladez, l’approvisionnement en eau, assuré par Veolia, dépend du Siniq, une rivière normalement alimentée par les précipitations et la fonte des neiges des monts du Cantal. Cependant, la situation est alarmante : « Même si la neige est tombée en abondance cette année, elle a fondu très vite et ne parvient pas à alimenter les cours d’eau comme prévu », explique le maire. La réserve d’eau, jadis suffisante pour faire face à l’été, semble épuisée.

Détermination des crises hydriques

La décision d’appeler à un approvisionnement extérieur est prise en fonction du débit du Siniq. Si celui-ci descend en dessous de 45 mètres par seconde, le stade d’alerte est déclenché, engendrant l’envoi de camions-citernes pour maintenir la continuité écologique de la rivière. Fin juillet, le débit a atteint 35 m/s, ce qui a conduit à une autorisation temporaire de prélèvement.

L’eau est prélevée à Laguiole, à 40 km de là, et acheminée vers l’usine de production d’eau potable de Thérondels, engendrant des coûts supérieurs à 100 000 euros. Actuellement, les habitants ne perçoivent pas de coupures d’eau, mais une campagne de communication encourage à limiter les usages de l’eau « au minimum vital » pour conserver les ressources.

Accélération des phénomènes de sécheresse

Jean Valadier observe une accélération brutale des phénomènes de sécheresse, notant que l’approvisionnement par camions-citernes est survenu pour la première fois en 2022, puis encore en 2023 et 2025. Ce problème soulève également des inquiétudes concernant l’abreuvement du bétail, particulièrement pour les vaches d’Aubrac, dont l’élevage est désormais en danger.

Face au réchauffement climatique, des plans directeurs sont établis pour orienter les décisions relatives à la gestion de l’eau. Selon Valadier, les projections indiquent qu’en 2050, les difficultés d’approvisionnement deviendront généralisées si des ressources en eau durables ne sont pas mises en place. Des études sont en cours pour envisager des prélèvements d’eau du barrage de Sarrans, le cinquième plus grand lac artificiel de France.

Situation critique en Haute-Savoie

En Haute-Savoie, la commune de Faverges-Seythenex se trouve dans une position légèrement moins critique. Le débit de la ressource en eau dans le bassin du Fier a chuté de 20 %, ce qui a entraîné un classement en vigilance par la préfecture au début d’août. La directrice des services techniques, Clarisse De Polli, souligne que le niveau de la ressource a diminué, mais elle considère la situation gérable pour le moment. Toutefois, des inquiétudes subsistent quant à la possible prolongation de la sécheresse à l’automne, qui pourrait affecter la recharge des nappes.

La commune a commencé à approvisionner en eau des sites touristiques, bien plus tôt dans la saison qu’habituellement. Cette précaution s’ajoute à la nécessité de rester vigilant dans la gestion de l’eau. « Une attention particulière est requise concernant l’utilisation des ressources hydriques », conclut-elle.

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