
Sur X, Elon Musk utilise des méthodes peu conventionnelles pour le recrutement. Le leader de SpaceX et Tesla a récemment annoncé que son entreprise est à la recherche de talents exceptionnels dans le domaine de l’ingénierie ainsi que dans d’autres métiers qualifiés. L’objectif est de construire et faire fonctionner des clusters de supercalculateurs d’intelligence artificielle des plus puissants, tant sur Terre que dans l’espace. Les candidats intéressés doivent soumettre un e-mail contenant trois points clés qui démontrent leurs compétences exceptionnelles, en plus de leur CV, à l’adresse [email protected]. Rien de plus.
SpaceX is hiring exceptional engineering & skilled trades talent to build & operate the most powerful AI supercomputer clusters on & off Earth.
If interested, please email 3 bullet points demonstrating evidence of exceptional ability & your resume to [email protected].
— Elon Musk (@elonmusk) August 1, 2026
Le format en trois points, une méthode de recrutement singulière
Musk a une préférence pour ce format de candidature minimaliste déjà observé auparavant. En janvier 2026, il annonçait un appel à candidatures chez Tesla pour relancer le projet du supercalculateur Dojo3. Il avait précisé que la conception de la puce AI5 était avancée et que Dojo3 viserait à produire « les puces les plus manufacturées au monde ».
Dans ce cadre, les candidats devaient également envoyer trois points sur les défis techniques résolus, cette fois à l’adresse [email protected]. Cette habitude, on la retrouve également avec le DOGE, le département de l’Efficacité gouvernementale, où les employés fédéraux devaient soumettre des rapports hebdomadaires sur cinq points clés de leurs réalisations.
SpaceX, un acteur de la puissance de calcul
Cette annonce met en lumière l’ambition de SpaceX d’accélérer le développement de centres de données. Ces infrastructures sont cruciales pour le fonctionnement des modèles Grok de l’entreprise, mais également pour la location de sa puissance de calcul à des tiers, comme le fait déjà Anthropic.
À long terme, SpaceX envisage d’implanter certains de ces centres dans l’espace afin d’exploiter plus efficacement l’énergie solaire. Ce projet est en lien avec l’association entre SpaceX et le laboratoire d’IA xAI, qui a conduit à la création de SpaceXAI.
Les États-Unis comptent actuellement plus de 3 000 centres de données opérationnels, avec encore 1 500 en développement, selon Pew Research. Cette montée en puissance, alimentée par la demande croissante en intelligence artificielle, revalorise des métiers traditionnellement moins recherchés, tels que plombiers, électriciens et techniciens en CVC.
Ambitions martiennes et implications financières
SpaceX relie ce recrutement à ses objectifs à long terme pour l’humanité. L’entreprise ambitionne de rendre l’humanité multi-planétaire en construisant une ville autonome sur Mars. Ce projet est directement lié aux incitations financières de Musk. D’après le prospectus envoyé avant l’entrée en bourse de SpaceX, Musk pourrait obtenir 1 milliard d’actions de catégorie B si une colonie humaine permanente sur Mars, peuplée d’au moins 1 million d’habitants, voit le jour d’ici 2050.
Un autre objectif crucial lié aux centres de données permettrait d’accéder à des actions supplémentaires lors de l’achèvement de centres non terrestres capables de fournir 100 térawatts de calcul par an.
Ce même document évoque des pistes de croissance supplémentaires, telles que le développement d’une économie lunaire avec la fabrication et la production d’énergie sur la Lune, la réduction des coûts de lancement en exploitant les ressources spatiales, et même l’extraction minière d’astéroïdes.
SpaceX estime que cette dernière activité pourrait fournir une abondance de matières premières pour les industries spatiales, réduisant ainsi le besoin de lancement de masse depuis la Terre. Actuellement, l’action de SpaceX est évaluée à 108 dollars, soit 27 dollars de moins que son prix d’entrée en bourse.