Lors d’une récente interview, le candidat à la présidentielle Edouard Philippe a affirmé que l’une des priorités pour l’avenir de Mayotte serait de « fermer totalement les vannes de l’immigration » sur l’île. Ces déclarations interviennent alors qu’il prépare sa visite sur cet archipel, considéré comme le département le plus pauvre de France, indique le journal France Mayotte Matin, rapporte TopTribune.
Bien qu’il se déclare « attaché au droit d’asile, qui fait partie de notre tradition républicaine », Philippe a précisé qu’il s’engagerait à suspendre « l’enregistrement de toute nouvelle demande d’asile à Mayotte » durant son éventuel mandat à l’Élysée. Il a souligné que tant que la situation sur le territoire resterait « saturée », cette voie d’immigration resterait fermée.
L’archipel est une nouvelle route migratoire
Selon l’Insee, Mayotte comptait environ 323.000 habitants au début de 2026, avec près de la moitié d’entre eux d’origine étrangère, principalement des Comoriens. L’île est devenue une destination prisée sur une nouvelle route migratoire, où des ressortissants des pays des Grands Lacs, tels que la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi, cherchent à s’établir, souvent en transit par les Comores. Philippe s’interroge : « Quel est le sens de créer un appel d’air supplémentaire pour une immigration africaine qui s’ajoute à une immigration comorienne déjà hors de contrôle ? C’est absurde, hypocrite et dangereux pour le territoire ».
Plus largement, Philippe propose un moratoire total sur les voies d’accès à l’immigration à Mayotte pour la durée de son mandat, incluant les questions d’immigration familiale. Il annonce deux priorités pour l’île : reprendre le contrôle migratoire et accélérer la reconstruction ainsi que les grands équipements, suite au cyclone Chido, qui a causé des dégâts considérables en décembre 2024. Ces prises de position révèlent une volonté claire de traiter la question migratoire avec fermeté, tout en essayant de concilier l’héritage républicain du droit d’asile.