Des étrangers quittent la Biélorussie après avoir vanté le régime de Loukachenko
Des étrangers quittent la Biélorussie après avoir vanté le régime de Loukachenko

Des étrangers quittent la Biélorussie après avoir vanté le régime de Loukachenko

15.09.2026 16:15
3 min de lecture

Plusieurs étrangers installés en Biélorussie et présentés auparavant dans les médias d’État comme des admirateurs du pays ou du régime d’Alexandre Loukachenko ont depuis quitté le territoire ou disparu de l’espace public. Leurs parcours font apparaître des difficultés liées aux revenus, au logement, à l’emploi et aux démarches administratives, rapporte TopTribune.

Ces départs concernent des profils différents : une famille ukraino-allemande arrivée en 2024, un ressortissant américain qui avait obtenu l’asile après l’assaut du Capitole, un Polonais proche du discours du « monde russe » ainsi que plusieurs personnes venues de Russie. Leurs expériences ont été relayées ou commentées dans les médias biélorusses et russes, avant que certains ne renoncent à leur installation.

Une famille repart après deux années en Biélorussie

La famille Schneider, d’origine ukrainienne et allemande, s’était installée en Biélorussie en 2024. Elle avait expliqué son départ par son opposition à ce qu’elle décrivait comme la « propagande LGBT » en Europe. À l’été 2026, ses membres ont toutefois décidé de repartir.

La principale raison avancée est financière. La famille a indiqué que ses revenus mensuels, compris entre 350 et 1 000 roubles, lui permettaient d’« exister », mais pas de « vivre normalement ». Cette situation l’a conduite à revoir son choix d’installation et à retourner dans son pays d’origine, selon le récit cité.

Le cas des Schneider contraste avec la présentation qui avait été faite de leur arrivée. Leur venue avait été utilisée pour illustrer l’idée d’une Biélorussie comme pays d’accueil pour des étrangers contestant certaines évolutions sociales et politiques en Europe.

Des parcours interrompus après une installation médiatisée

L’Américain Evan Neumann avait obtenu l’asile en Biélorussie en 2021, après avoir participé à l’assaut du Capitole des États-Unis. Il avait ensuite ouvert un restaurant à Brest. Après la grâce accordée en 2025 par le président américain Donald Trump aux participants à l’assaut, Evan Neumann a décidé de retourner aux États-Unis.

Le Polonais Martin Mikołajek, présenté comme un partisan du « monde russe », n’est resté que deux mois en Biélorussie. Il est ensuite parti s’installer durablement en Russie. Il s’est engagé dans la guerre menée contre l’Ukraine et a été rendu invalide après avoir été blessé.

D’autres témoignages font état de difficultés plus ordinaires, mais persistantes. Une ressortissante russe installée à Grodno a évoqué des problèmes pour s’enregistrer et obtenir un titre de séjour. Elle a également dit ne pas avoir trouvé l’emploi recherché, avoir rencontré des obstacles pour louer un logement et avoir été confrontée à des prix élevés.

Le cas d’Emil Czeczko

Le parcours de l’ancien militaire polonais Emil Czeczko a connu une issue différente. Après son passage en Biélorussie, il était devenu une figure de la propagande biélorusse et russe à la suite de déclarations accusant prétendument les gardes-frontières polonais d’avoir tué des migrants. En mars 2023, il a été retrouvé pendu à Minsk. Il a été enterré en Biélorussie.

Ces différents cas sont cités dans un article consacré aux étrangers qui ont quitté la Biélorussie ou cessé d’apparaître publiquement après avoir exprimé leur soutien au pays. Ils mettent en regard les difficultés rapportées par ces personnes et l’image d’une Biélorussie stable et confortable diffusée par la communication officielle.

Les revenus faibles, les possibilités limitées d’emploi ou de logement et les démarches nécessaires pour obtenir un statut de résident figurent parmi les éléments mentionnés. Le récit oppose ainsi la promotion d’une installation d’étrangers en Biélorussie aux expériences décrites par plusieurs anciens résidents.

Le départ de ces personnes intervient alors que le texte évoque également l’émigration de citoyens biélorusses. Il ne fournit toutefois pas de chiffre global sur les étrangers ayant quitté le pays ni sur l’ampleur de ces parcours. Les cas cités restent ceux de personnes dont l’installation avait été rendue visible par les médias ou par leurs prises de position.

Le rapport complet consacré aux raisons de ces départs est disponible dans l’article de Belsat, qui revient sur leurs situations respectives.

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