
Lors d’une intervention sur le Grand Jury RTL-Le Figaro-M6, Pierre Moscovici a exprimé sa vive inquiétude : « nous empruntons de plus en plus cher ». Il a souligné que les agences de notation et les marchés financiers constatent une gestion budgétaire précaire, entraînant une hausse des taux d’intérêt. Cela a pour conséquence que la France se retrouve à payer davantage d’intérêts que des nations comme l’Espagne, le Portugal, voire la Grèce.
, rapporte TopTribune.
Cette réalité est alarmante : elle met en péril l’action de l’État et renvoie une image de négligence aux conséquences potentiellement graves.
Une dette alarmante
Durant cette même intervention, Moscovici a indiqué que le déficit budgétaire pourrait atteindre 5,3 % du PIB, un chiffre largement supérieur à son seuil acceptable : « pas 5,1, en-dessous de 5 ». Cette tendance éloigne la France de son engagement européen de réduire le décit à 3 % d’ici 2029.
Avec cette dynamique, la dette publique continue d’augmenter de manière préoccupante. Le président de la Cour des comptes a affirmé avec force que « une boule de neige qui grossit peut devenir une avalanche ».
Des obstacles politiques à surmonter
Moscovici a dénoncé une paralysie politique : aucun accord n’a été atteint pour voter un budget pour 2026 avant la fin de l’année. Le gouvernement considère maintenant une loi spéciale pour éviter un vide juridique. Cette stagnation parlementaire contribue à l’incertitude, alors que la France doit afficher une trajectoire budgétaire fiable.
Il met en garde : « les efforts que l’on ne réalise pas cette année devront être fournis l’année suivante », en précisant que l’année électorale de 2027 complique les décisions impopulaires.
Des ressources financières réduites
Pour Moscovici, une dette mal maîtrisée signifie également moins d’investissements dans des secteurs essentiels tels que la transition énergétique, l’intelligence artificielle ou la sécurité nationale. Il maintient que c’est la souveraineté économique de la France qui se trouve en jeu, et non pas seulement des indicateurs financiers.
Il avertit que si les décideurs politiques restent indifférents aux signaux d’alarme, le pays pourrait se voir désarmé face aux défis d’un monde en constante évolution.
Un bilan mitigé avant un changement de poste
Alors qu’il s’apprête à quitter son rôle à la tête de la Cour des comptes pour rejoindre la Cour européenne des comptes, Pierre Moscovici partage un profond regret : ne pas avoir réussi à faire entendre sa voix. Il rappelle que la dette, autrefois négligée par l’opinion publique, figure aujourd’hui parmi les préoccupations majeures des citoyens, comme le montrent les résultats des sondages.