Trump augmente les droits de douane sur les médicaments.

Trump augmente les droits de douane sur les médicaments.

03.04.2026 09:36
3 min de lecture

Le 2 avril 2026, Donald Trump a annoncé l’instauration de nouveaux droits de douane sur les produits pharmaceutiques importés aux États-Unis, comme l’a révélé la Maison Blanche. Ce dispositif s’appuie sur la section 232 du Trade Expansion Act de 1962, une base juridique déjà utilisée par le gouvernement américain pour justifier des mesures en lien avec la sécurité nationale. L’objectif affiché est clair : inciter les entreprises à relocaliser leur production sur le territoire américain tout en acceptant des prix plus compétitifs sur le marché national, rapporte TopTribune.

Cette mesure concerne les médicaments protégés par brevet ainsi que certains de leurs ingrédients, avec un taux maximal pouvant atteindre 100 %. Selon la Maison Blanche, cette politique entrera en vigueur dans 120 jours pour les grandes entreprises et dans 180 jours pour les autres. À contrario, des pays comme l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud, la Suisse et le Liechtenstein se verront attribuer un plafond de droits de douane à 15 %. Il convient de noter que les médicaments génériques et biosimilaires ne sont, pour l’instant, pas concernés par ces nouveaux droits de douane.

Droits de douane : décisions de Donald Trump concernant les médicaments

La Maison Blanche présente cette initiative comme un levier pour favoriser la réindustrialisation. Selon un responsable américain cité par des médias, l’objectif principal est que la majorité des produits pharmaceutiques sous licence soient fabriqués aux États-Unis. Ainsi, la stratégie ne se limite pas à l’imposition de taxes ; elle vise également à transformer la répartition géographique de la production au sein des grandes entreprises, en conditionnant l’accès au marché américain à des engagements de production.

Le mécanisme est nuancé. Les laboratoires qui établissent un accord de prix de type « nation la plus favorisée » avec le département américain de la Santé, en plus de s’engager à relocaliser leur production avec le département du Commerce, pourront bénéficier d’un taux de 0 % jusqu’au 20 janvier 2029. En revanche, ceux acceptant uniquement de relocaliser leurs activités se verront imposer un taux de 20 %. Les entreprises qui refusent d’adhérer à ces conditions feront face à un plafond de 100 %.

Cet aspect est crucial. Les nouveaux droits de douane ne sont pas envisagés comme une simple barrière tarifaire. Ils servent également d’outil de négociation avec les multinationales pharmaceutiques. Le représentant américain au commerce a défendu cette approche, affirmant que cette politique tarifaire devrait, selon lui, encourager la production nationale, augmenter les salaires des travailleurs et renforcer les chaînes d’approvisionnement indispensables.

Cependant, cette perspective ne fait pas l’unanimité. Des critiques sont émises, notamment par Neil Bradley de la Chambre de commerce des États-Unis, qui estime que cette nouvelle structure tarifaire sur les produits pharmaceutiques augmentera les dépenses de santé des familles américaines. Stephen J. Ubl, le dirigeant de PhRMA, a également mis en garde contre les taxes imposées sur les médicaments innovants, affirmant qu’elles pourraient accroître les coûts et compromettre des investissements essentiels aux États-Unis.

Quels laboratoires européens sont concernés par ces droits de douane ?

Pour les sociétés européennes, le risque d’implication dans ce nouveau système de droits de douane n’est pas uniforme. Le plafond de 15 % pour l’Union européenne préserve pour l’instant la majorité des entreprises de la pire des situations. Néanmoins, cela représente toujours un défi significatif pour celles qui exportent des médicaments de grande valeur, souvent protégés par des brevets, vers les États-Unis.

Particulièrement attentif, le cas de Sanofi est observé de près, car ce laboratoire a déjà annoncé un accord de prix avec l’administration Trump. Sanofi a communiqué en décembre qu’il proposerait certains traitements à des tarifs réduits via TrumpRx et d’autres canaux directs vers les patients, réalisant des économies de l’ordre de 70 % sur des médicaments destinés à traiter les infections, les maladies cardiovasculaires et le diabète.

Bien que Sanofi soit déjà impliqué dans la négociation des prix en lien avec la stratégie de Trump, cela ne garantit pas qu’il soit à l’abri de la nouvelle vague de droits de douane. Cela suggère néanmoins qu’il dispose d’une voie de dialogue directe avec le gouvernement américain.

En outre, d’autres groupes européens tels que Roche et Novartis ont également annoncé publiquement des accords de prix avec l’administration Trump. Ces laboratoires, tout comme Sanofi, ont une présence significative sur le marché américain et d’importantes activités en Europe.

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