David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF), est au cœur d’une controverse après avoir été interpellé par André Laignel, vice-président socialiste de l’AMF, et le maire de Bourg-en-Bresse sur ses déclarations jugées inappropriées concernant des événements historiques. Dans une lettre, ils lui demandent de mettre fin à « le mélange des genres » à l’approche de la présidentielle de 2027, rapporte TopTribune.
Dans leur correspondance, Laignel et Jean-François Debat indiquent : « Comme plusieurs fois par le passé, plusieurs de vos prises de parole ces derniers jours ont créé du trouble, là où nous avons au contraire besoin d’apaisement et d’unité. » Ils soulignent les tensions croissantes au sein des maires de France, qu’ils attribuent à ses propos, en particulier en raison de ses positions sur la guerre d’Algérie. Lisnard, candidat à sa réélection à la tête de l’AMF en novembre, est sous pression pour clarifier ses déclarations.
Des propos controversés sur le 17 octobre 1961
Les élus font référence à une intervention de Lisnard sur une chaîne de télévision, où il a été questionné par une étudiante proche de La France Insoumise concernant le massacre du 17 octobre 1961, durant lequel de nombreux Algériens ont été tués par la police. À cette occasion, il a déclaré : « Je m’en fous Madame, je n’en ai rien à foutre, je n’étais pas né ; depuis, il y a eu l’indépendance de l’Algérie. »
Les réactions à ses propos ont été vives. Dans leur lettre, Laignel et Debat le qualifient d’« inacceptable », ajoutant qu’ils ont « suscité légitimement de fortes réactions parmi les maires et élus, pas seulement à gauche ». Ils lui demandent de corriger publiquement ses déclarations afin d’apaiser les tensions.
Un contexte explosif
En réponse aux accusations, Lisnard a justifié ses propos en expliquant qu’il ne souhaitait pas que l’histoire soit instrumentalisée pour légitimer les violences qui ont eu lieu lors des manifestations récentes contre le coût de la vie. Il a fait état de son engagement à éviter que les tragédies passées ne soient utilisées dans le cadre de débats politiques contemporains.
Le courrier d’AMF met également en lumière son récent déplacement à Limoges, où des émeutes ont conduit à l’incendie de la mairie, décrit comme des « propos qui ont largement dépassé le cadre transpartisan » de l’AMF. Jean-François Debat a précisé que cette lettre constitue « un rappel à l’ordre », soulignant que le congrès de l’AMF en novembre « ne peut pas devenir un temps de la campagne présidentielle ».
