En Suisse, de nombreux acheteurs se disent victimes d’une arnaque immobilière, ayant perdu des dizaines de milliers d’euros après avoir versé des acomptes à une agence immobilière actuellement sous enquête judiciaire, rapporte TopTribune.
Grégory*, 58 ans, a consacré des années à économiser en vue de réaliser son rêve de devenir propriétaire. Travailleur dans les transports publics et dans la restauration à Grisons, cet homme a sacrifié de nombreux aspects de sa vie pour accéder à la propriété. Malheureusement, son rêve se transforme rapidement en cauchemar.
Tout débute à l’été 2025, lorsque Grégory découvre une annonce pour un appartement de deux pièces affiché au prix de 447 000 francs suisses (près de 480 000 euros). Après avoir visité le logement, il note plusieurs incohérences, comme il le confie au journal.
Un acompte de 29 000 euros versé
Il constate que les photos de la cuisine présentées sur le site de l’agence ne correspondent pas à l’appartement visité. Après en avoir parlé à l’agente, celle-ci le rassure en arguant qu’elle utilise les mêmes images pour plusieurs appartements au sein du même immeuble. Convaincu, Grégory poursuit les démarches pour acquérir le bien.
D’après son récit, l’agente lui demande de verser un acompte dans les 24 heures pour sécuriser l’achat, lui promettant même une remise. Pensant avoir réalisé une bonne affaire, il transfère alors 29 000 euros (27 000 francs suisses).
Cependant, les semaines passent sans que Grégory n’ait de nouvelles concernant la vente. À chaque appel, l’agence lui répond que le propriétaire est « très occupé » et difficile à joindre. Frustré, il finit par annuler la réservation et exige le remboursement de son acompte, mais sans succès. Grégory dénonce une arnaque, affirmant que l’appartement n’a jamais été mis en vente par son propriétaire. « Aujourd’hui, à part ces frais astronomiques, je n’ai plus rien », déclare-t-il.
D’autres victimes ?
Il semble que Grégory ne soit pas le seul à dénoncer les pratiques de cette agence. Peter, 70 ans, et son épouse rapportent une expérience similaire. Séduits par un projet d’appartement sur plan, ils versent un acompte de 65 000 francs (70 000 euros). Cependant, ils réalisent par la suite que l’agence ne possède pas le permis de construire et que plusieurs recours ralentissent le projet, des informations qui ne leur avaient jamais été communiquées.
Après six mois, le couple renonce à l’achat et parvient à récupérer une partie de son argent, mais l’agence retient près de 9 000 francs (9 730 euros) pour frais administratifs. Ils cherchent maintenant à récupérer cette somme par voie judiciaire. « On s’est fait avoir et notre rêve s’est envolé », résument les deux retraités. Une enquête a été ouverte.