Controverse autour du projet gouvernemental de consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique

Controverse autour du projet gouvernemental de consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique

30.06.2026 14:26
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Une fronde est en cours contre le projet gouvernemental de consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique, qualifié de « greenwashing ». Des représentants d’élus locaux, rejoints par des associations environnementales et professionnelles, montent au créneau, rapporte TopTribune.

Jean-François Vigier, vice-président de l’association des maires de France (AMF), a averti que les élus locaux étaient prêts à un « bras de fer » contre ce projet. En collaboration avec plusieurs représentants de syndicats franciliens de gestion des déchets, ils ont menacé de « suspendre le paiement de la TGAP », la taxe générale sur les activités polluantes, si le gouvernement persiste dans son projet. Mardi, les élus ont quitté une réunion organisée par le ministère de la Transition écologique, dénonçant « ce qui n’est plus une concertation, mais une injonction », selon Philippe Vigier.

Appel du gouvernement au « dialogue »

Le maire de Bures-sur-Yvette (Essonne), également président du Syndicat mixte des ordures ménagères (Siom), a insisté sur la nécessité de prendre des mesures pour faire comprendre à l’État qu’ils ne se laisseront pas faire face à cette absurdité. Les élus locaux espèrent que le Premier ministre Sébastien Lecornu, en tant qu’élu local, pourra « prendre la mesure du problème ».

Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, a déploré sur X le refus des associations de représentants d’élus d’accepter la concertation proposée par le gouvernement, appelant au « dialogue ». Il a souligné que le taux de collecte et de recyclage des bouteilles en plastique et des canettes n’était que de 58,4 % en 2024, alors que l’objectif est de 90 %. La mise en œuvre de la consigne pour le recyclage sera impérative au 1er janvier 2029 si cet objectif n’est pas atteint. « La question est donc désormais de savoir si l’on anticipe ou si l’on subit », a-t-il ajouté.

Pas une consigne pour réemploi

Les élus locaux contestent le terme de « consigne », car le projet, relancé fin mai par Emmanuel Macron après une première fronde en 2023, ne prévoit pas de réemploi des bouteilles en plastique collectées, mais leur recyclage. Cette option, jugée moins vertueuse d’un point de vue environnemental, est également contestée par les ONG de défense de l’environnement, telles que FNE, Zero Waste France, le Cercle national du recyclage et l’association professionnelle des entreprises du recyclage et du réemploi Federrec, qui ont organisé un point presse commun mardi.

« Ce n’est pas un système de consigne pour réemploi », qui permettrait de réutiliser des bouteilles déjà produites après lavage, mais un mécanisme qui permettra aux industriels de récupérer ces bouteilles pour produire encore plus de plastique, a déclaré Axèle Gibert, coordinatrice prévention déchets de France Nature Environnement (FNE). En outre, « l’urgence environnementale et sanitaire » réside dans la réduction des bouteilles en plastique, a-t-elle ajouté. Nicolas Garnier, de l’association de collectivités Amorce, a qualifié cette vaste mesure de « greenwashing » qui n’a d’autre but que de favoriser la vente de bouteilles plastiques jetables, estimant que le dispositif coûterait entre 1 et 3 milliards d’euros aux consommateurs. Bastien Faure, directeur de Zero Waste France, a également critiqué le gouvernement pour avoir décidé de mener cette initiative sans concertation réelle, soulignant l’absence de mesures solides pour développer le réemploi et réduire sérieusement l’utilisation des plastiques à usage unique.

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