Controverse autour de Corps à cœur : la liberté d'écriture en question face aux accusations de pédophilie

Controverse autour de Corps à cœur : la liberté d’écriture en question face aux accusations de pédophilie

24.02.2026 20:08
3 min de lecture

Le livre autoédité de l’auteure française Jessie Auryann, Corps à cœur, est au centre d’une controverse après la découverte de son contenu choquant, où des actes pédocriminels sont décrits. Posté depuis un an, sa popularité a conduit à une pétition qui a recueilli des dizaines de milliers de signatures demandant son retrait, ce qui a incité Amazon à retirer le titre de sa plateforme, rapporte TopTribune.

« Plus je vois des extraits, plus j’ai envie de vomir et de pleurer »

La dark romance, un genre de fiction en plein essor en France, mêle violence physique et psychologique à des relations amoureuses malsaines. Les critiques des internautes jugent le livre de Jessie Auryann « abject et répugnant », soulignant un « inventaire de violences sexuelles » que certains décrivent avec indignation.

Plus je vois des extraits, plus j’ai envie de vomir et de pleurer… c’est clairement du FANTASME. C’est écrit comme un rêve éveillé de l’auteure. Je suis en RAGE.

Une internaute

« J’aime pousser les limites et provoquer »

Jessie Auryann défend son choix d’explorer les « abysses humains » à travers ses thrillers érotiques, affirmant qu’elle confronte les sujets tabous de la société. Dans une déclaration publiée, elle décrit son travail comme une exploration de thèmes difficiles tels que la maltraitance et la violence.

Torturer mes personnages autant que mes lecteurs est mon plaisir coupable… je suis une auteure tourmentée qui aime pousser les limites et provoquer.

Jessie Auryann

Dans la description de Corps à cœur, un avertissement avertit que le livre vise un public adulte et avisé, soulignant que son contenu pourrait être perturbant pour certains lecteurs.

Le Code pénal et le Code de la propriété intellectuelle à l’appui

La pétition exigeant le retrait du livre s’appuie sur plusieurs articles du Code pénal, notamment l’article 227-23, qui traite de l’évocation d’actes pédocriminels. Des articles concernant les atteintes à la dignité humaine sont également mentionnés, soulignant l’implication de mineurs dans le récit.

Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent… est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur.

Article 227-24 Code pénal

La pétition cite aussi le Code de la propriété intellectuelle, affirmant que bien que les œuvres de l’esprit soient protégées, ce droit est limité par le respect des bonnes mœurs.

Le statut d’auteur ne confère pas d’immunité pour diffuser des récits faisant l’apologie d’actes criminels.

« Pour le retrait de l’ouvrage « Corps à Cœur » de Jessie Auryann » Pétition sur change.org

Prouver qu’il s’agit d’une infraction pénale

Pour retirer un livre pour des motifs juridiques, il faut prouver qu’il constitue une infraction pénale, ce qui nécessite d’analyser à la fois le contenu et l’intention de l’auteur. Les questions de provocation et de liberté d’expression compliquent ces décisions juridiques.

Seront punis… ceux qui auront directement provoqué à commettre l’une des infractions suivantes : les atteintes volontaires à la vie et les agressions sexuelles.

Article 24 Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse

« Entre Code pénal et liberté artistique »

Faire retirer un livre au contenu controversé reste délicat en raison de la juxtaposition entre le droit pénal et la liberté artistique. L’avocat Me Arnaud Le Bourdais souligne que pour que l’œuvre soit condamnée, il faut prouver qu’elle fait l’apologie d’un crime, ce qui peut être difficile en l’absence de contexte criminel explicite.

La pétition soulève des questions de morale et de mœurs. Les extraits choquants posent un vrai débat social.

Me Arnaud Le Bourdais Avocat en droit pénal

La plateforme Pharos et la justice saisie

Le député Antoine Léaument a signalé l’affaire au procureur, entraînant potentiellement une enquête sur Jessie Auryann et son œuvre. L’auteure affirme être victime d’une campagne de dénigrement et a constitué un dossier pour d’éventuelles poursuites judiciaires.

Dans une déclaration sur Facebook, elle a évoqué son droit à l’expression artistique, précisant qu’elle aborde des thèmes difficiles mais essentiels. La controverse rappelle des affaires antérieures, comme celle de Bastien Vivès, qui a également fait face à des accusations similaires, sans condamnation judiciaire.

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