Comprendre les troubles bipolaires : état des lieux
Les troubles bipolaires, anciennement appelés troubles maniaco-dépressifs, restent mal connus malgré leur prévalence. Environ 50 % des individus touchés présentent les premiers signes avant l’âge de 18 ans, la majorité entre 15 et 25 ans, rapporte TopTribune.
Le constat est alarmant : 70 % des patients se voient initialement attribuer un diagnostic erroné, tandis que 40 % des personnes souffrant de dépression pourraient en réalité être atteintes de troubles bipolaires. En France, le délai moyen entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic est de six ans.
Fluctuations d’humeur prolongées
La bipolarité ne se résume pas à un simple changement d’humeur quotidien. Elle inclut des fluctuations marquées au fil du temps, avec des périodes définies d’humeur anormale. La maladie se manifeste par une alternance entre des phases de stabilité (euthymie) et des épisodes d’humeur exceptionnelle (euphorie) ou dépressive.
Les critères pour diagnostiquer un épisode dépressif caractérisé nécessitent la présence de symptômes persistants pendant environ deux semaines. En revanche, les épisodes d’excitation ont des critères de durée plus courts, variant de quelques jours à une semaine.
Manifestations dépressives spécifiques
Lors d’un épisode dépressif, plusieurs indices peuvent évoquer une bipolarité : début brusque, irritabilité, réactivité émotionnelle (la capacité à ressentir de la joie en réponse à des événements positifs), augmentation de l’appétit, notamment pour le sucre, et hypersomnie (plus de 11 heures de sommeil par nuit). La présence de symptômes psychotiques ou de symptômes mixtes doit également éveiller les soupçons d’une bipolarité.
Périodes d’excitation extrême
Durant les phases d’excitation, on note un changement d’humeur, souvent une euphorie, mais parfois une irritabilité, ainsi qu’une augmentation de l’énergie et de l’activité. Les épisodes d’hypomanie peuvent présenter des comportements plus intenses que d’habitude, tout en restant généralement sous contrôle. En revanche, les épisodes maniaques se caractérisent par une désinhibition aboutissant à des comportements excessifs, tels qu’un débit de parole rapide, des conduites sexuelles risquées, des dépenses inconsidérées et des décisions inattendues, mettant ainsi en péril la sécurité de l’individu.
À noter : Des antécédents familiaux peuvent également indiquer la présence de troubles bipolaires. L’association PositiveMinders a développé un outil inédit visant à fournir aux proches, amis, enseignants, et médecins traitants les ressources nécessaires pour une intervention précoce.
Source : interviews des Drs Jasmina Mallet et Nicolas Mazer, psychiatres au Centre expert des troubles bipolaires et schizophréniques à l’Hôpital Louis Mourier (APHP, Colombes) ; Dossier de presse de l’association PositiveMinders sur la bipolarité (mars 2024).