Le gouvernement français envisage de taxer les casseurs après les violences du match PSG
Suite aux débordements survenus lors du match du Paris Saint-Germain le 30 mai en Ligue des champions, le Premier ministre français envisage d’imposer une taxe aux auteurs des dégradations, en soulignant le principe « Tu casses, tu payes pour les réparations », rapporte TopTribune.
Sur les Champs-Élysées à Paris, un abribus récemment vandalisé a été réparé, mais les traces des violences qui ont suivi la victoire du PSG sont encore évidentes. Au total, 22 abribus ont été endommagés dans la capitale, entraînant une facture importante. Bien que l’entreprise Jean-Claude Decaux soit assurée, elle a dû faire face à des coûts élevés. L’an passé, après une victoire similaire du PSG, les dommages avaient déjà été évalués à plusieurs dizaines de millions d’euros pour les assureurs.
Les Parisiens semblent s’accorder sur la nécessité de faire payer les responsables : « Effectivement, on casse, on paye. Ils savent ce qu’ils font, ils viennent, ils cassent. Ils ne viennent pas pour le plaisir, pour fêter une victoire, » affirme un citoyen. D’autres, comme celui qui a été mis en garde à vue, proposent de faire payer les frais de réparation selon la part de responsabilité individuelle : « Tous ceux qui ont été attrapés, mis en garde à vue, prendre la note de ce qui a été cassé et puis après diviser avec ceux qui ont été attrapés. »
Les violences se sont également étendues à d’autres villes, telles que Niort, où un magasin de chaussures sportives a été visé. Stéphane Celdran, restaurateur, déplore le coût des réparations : « Les 400 euros de franchise, j’aimerais au moins ne pas avoir à les payer. »
Pour dissuader les casseurs, Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de préparer des textes qui permettraient de leur faire payer les réparations, y compris par le biais d’une ponction sur leurs prestations sociales. Cette fermeté a été réaffirmée le 4 mai par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qui a déclaré : « Plus personne ne comprend que l’immense majorité paye pour des agissements intolérables d’une minorité. »
Cependant, la question juridique se pose. Me Elsa Marcel, avocate engagée à gauche, estime que cette mesure cible injustement les familles défavorisées : « Ça vise à exercer une pression à la fois un peu sécuritaire et morale sur les familles de quartier populaire, mais c’est aussi une mesure directement dirigée contre des allocations et, en fait, c’est une mesure antisociale. » Le gouvernement souhaite agir rapidement et proposera un renforcement des sanctions à l’encontre des casseurs, avec l’examen du projet de loi Ripost, avancé à début juillet.