Le 19 septembre 1989, Christian Goetz, ancien militaire du 8e RPIMa, a échappé à la mort lorsqu’il a été débarqué in extremis du vol DC-10 d’UTA à destination de N’Djamena, au Tchad. L’appareil a explosé en vol, tuant 170 passagers. Cet événement tragique continue d’influencer sa vie, ravivé récemment par l’affaire Sarkozy-Kadhafi, rapporte TopTribune.
Cette journée-là, Goetz était sur le point de rentrer en France après dix-sept années de service militaire. Alors qu’il attendait d’embarquer, un capitaine est venu lui dire de quitter l’avion en raison d’une urgence impliquant une autre passagère. Bien qu’il ait obtempéré, il ne pouvait pas imaginer l’horreur qui l’attendait. À peine une heure plus tard, l’alerte est donnée : le DC-10 a disparu au-dessus du désert du Ténéré, et une bombe a explosé en vol, tuant tous les passagers. Un miraculé, il se souvient : « J’ai eu la chance d’être débarqué, sinon j’étais comme tous les autres : morts en quelques minutes. »
Trente-sept ans après ce drame, il témoigne des séquelles psychologiques persistantes. « Ça m’a fait quelque chose, mais je l’ai gardé en moi. J’y pense encore tous les jours », déclare-t-il, alors qu’il se prépare à célébrer la Saint-Michel avec ses camarades du régiment. Lorsqu’il a dû emprunter un autre vol vers la France peu après, une pensée intrusive l’a traversé : « Oh là là, il va péter ? »
Un souvenir ravivé par l’affaire Sarkozy-Kadhafi
Plus récemment, l’affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 a ravivé la résonance de l’attentat du DC-10. Ce dossier judiciaire est étroitement lié à Abdallah Senoussi, ancien responsable des renseignements libyens, condamné en France pour son rôle dans l’attentat de 1989. Plusieurs familles de victimes ont témoigné lors du procès en appel en 2026, soulignant la douleur persistante.
Cette actualité a profondément touché Goetz, faisant émerger des souvenirs d’un événement tragique qu’il aurait dû vivre. La mention de Kadhafi rappelle la responsabilité établie des services libyens dans cette catastrophe, bien que les accusations de financement électoral et l’attentat soient des affaires juridiques distinctes.
Son retour au régiment après l’incident a également été marquant. Ses camarades avaient été informés qu’il était à bord, et à son retour, tous étaient stupéfaits : « Mais t’es pas mort ? ». Bien que sa vie ait été épargnée, ses effets personnels n’ont pas survécu à l’explosion. « Quand on m’a demandé où il était : il est au Ténéré, en morceaux. »
Depuis ce jour fatidique, Christian Goetz a conservé un lien fort avec son régiment et sa ville. Après sa carrière militaire, il a rejoint La Poste, où il a travaillé comme facteur, tout en s’engageant dans les activités de l’Amicale du 8, participant aux cérémonies commémoratives. Chaque 19 septembre représente un moment de réflexion pour lui, une journée où un simple changement de passager lui a sauvé la vie.