Cédric Prizzon, ancien policier de 42 ans, est actuellement incarcéré au Portugal après avoir avoué le meurtre de ses compagnes, Angela Legobien et Audrey Cavalié, deux mères de ses enfants âgés de 13 ans et 18 mois. La justice portugaise, qui maintient les accusations de double meurtre et de profanation, a récemment rejeté une demande d’extradition de la France. Simultanément, la justice française poursuit son enquête pour enlèvement, tandis que les familles des victimes s’efforcent d’assurer que Prizzon soit jugé en France, rapporte TopTribune.
Prizzon a été arrêté au Portugal après l’enlèvement d’Audrey Cavalié en Aveyron le 19 mars. Il a été capturé cinq jours plus tard lors d’un contrôle routier près de Mêda, à environ 100 kilomètres du lieu présumé de sépulture des victimes. Malgré la gravité des accusations, l’extradition a été refusée, aggravant le sentiment d’abandon des familles impliquées.
Quatre mois après le début de l’affaire, peu d’informations ont été divulguées concernant la procédure en cours. Des sources diplomatiques indiquent que « la protection consulaire sera exercée pour Cédric Prizzon, comme pour tout ressortissant français détenu à l’étranger ». Ainsi, il devrait recevoir prochainement une première visite consulaire.
Rencontre entre le ministère de la Justice et l’avocat de la mère d’Audrey Cavalié
Le 25 mars, suite à l’arrestation de Prizzon, la justice française avait émis un mandat d’arrêt à son encontre. Toutefois, ce mandat concerne uniquement l’enlèvement, tandis que les autorités portugaises maintiennent les charges de double meurtre et de profanation. Le 8 mai, le refus d’extradition a été officialisé, ce qui a suscité des critiques de la part des familles, qui se sentent « abandonées ».
Les avocats des familles, Me Elsa Cazor et Me Fabien Arakélian, ont exprimé leur désolation face à cette décision, qualifiant cela de « souffrance ajoutée à la souffrance ». Après des semaines sans nouvelles, Me Arakélian a confirmé avoir eu une réunion avec des représentants du ministère de la Justice, bien que les détails de cette rencontre restent confidentiels. De plus, il a réussi à obtenir la mainlevée du placement à l’ASE pour le fils d’Audrey Cavalié, qui réside maintenant chez sa grand-mère après avoir aidé les enquêteurs à retrouver le corps de sa mère.
Bras de fer entre les justices française et portugaise
La situation actuelle semble donner lieu à un véritable bras de fer entre les systèmes judiciaires français et portugais. Un expert juridique a affirmé que « le droit portugais est exemplaire et s’appuie sur des règles strictes », arguant que le tribunal compétent est celui où les crimes ont été commis. Cependant, Me Cazor a remis en question cette logique, affirmant que l’acte de décès ne couvre que le mois de mars, rendant difficile la désignation d’un lieu précis et d’une date exacte pour les meurtres. Elle se demande sur quelles bases les autorités portugaises se fondent pour avancer dans l’enquête.
Actuellement, une juge d’instruction en France poursuit une enquête distincte pour enlèvement et séquestration. Prizzon, bien que représenté par un avocat commis d’office, pourrait potentiellement être jugé au Portugal, où il fait face à une peine maximale de 25 ans de réclusion, soulevant la question de savoir s’il avait délibérément choisi ce pays pour éviter des sanctions plus sévères.
Qu’est-ce que la protection consulaire ?
La protection consulaire permet à la France d’assister ses ressortissants incarcérés à l’étranger, sans pour autant intervenir dans la justice du pays concerné. Le consulat peut rendre visite au détenu, s’assurer de ses conditions de détention, faciliter son accès à un avocat ou à un interprète et, avec son accord, prévenir ses proches.
En revanche, le consulat ne peut obtenir sa libération, annuler une condamnation ou prendre en charge ses frais de justice. Après une condamnation définitive, un transfèrement en France peut, sous certaines conditions, être envisagé.