Le dimanche 20 septembre 2026, les automobilistes français ont été confrontés à des prix de carburant sans précédent. Le gazole a atteint une moyenne nationale de 2,41 € le litre, établissant ainsi un nouveau record historique. Parallèlement, le SP95-E10, le carburant le plus utilisé en France, a franchi la barre des 2,17 €, tandis que le SP98 culmine à 2,28 €. En réaction à cette situation alarmante, le gouvernement a convoqué deux réunions d’urgence à Matignon le lundi 21 septembre, l’une pour discuter des approvisionnements en pétrole et en gaz, et l’autre pour explorer des solutions d’aide à court et moyen terme pour les citoyens, rapporte TopTribune.
Les chiffres alarmants de septembre 2026
Le précédent maximum pour le gazole, établi à 2,41 € le litre, a été enregistré le samedi 19 septembre. En seulement 48 heures, le prix moyen national a grimpé de plusieurs centimes. Pour donner un aperçu de la gravité de la situation, en 2022, durant la crise énergétique précédente, le gazole avait également connu des augmentations significatives. Aujourd’hui, les prix explosent : 2,41 € marque une augmentation de près de 20 % par rapport aux niveaux observés au début de cette année. Le SP95-E10, quant à lui, suit une tendance similaire et se situe à 2,17 € le litre, tandis que le SP98 atteint 2,28 €.
Le coût de remplissage d’un réservoir de 50 litres s’élève maintenant à 120,50 € pour le gazole, alors qu’il y a six mois, ce montant était d’environ 100 €. Ce surcoût mensuel pèse lourdement sur les budgets des ménages, particulièrement pour ceux qui dépendent de leur véhicule pour leur activité professionnelle. Des organisations comme Emmaüs Brest constatent à présent des hausses de 35 % dans leurs dépenses en carburant, mettant en péril leur viabilité financière.
En 2022, la guerre en Ukraine avait provoqué une flambée des prix du pétrole, conduisant le gouvernement à instaurer une remise de 18 centimes par litre financée par l’État. Actuellement, les prix dépassent ceux de 2022, mais l’exécutif n’envisage pas de réitérer un tel soutien à grande échelle. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a écarté toute possibilité de réduction des taxes ou de gel des prix lors de ses interventions sur France Inter et LCI ce matin-là. « Nous savons où se trouvent les tankers, et nous avons suffisamment de stocks, » a-t-il assuré pour calmer les inquiétudes concernant les approvisionnements. Toutefois, la tension sociale s’accentue, avec 88 % des Français craignant une nouvelle vague de manifestations semblables aux Gilets jaunes.
Les causes de la hausse des prix
Le principal moteur de cette crise est la situation au détroit d’Ormuz. Ce passage maritime stratégique, situé entre l’Iran et la péninsule Arabique, est responsable du transit d’environ 30 % du pétrole mondial. Depuis février 2026, un conflit au Moyen-Orient perturbe considérablement cette route, entraînant des délais supplémentaires pour les tankers et une augmentation des tarifs d’assurance pour les compagnies maritimes. Pas étonnant que le prix du baril de Brent sur les marchés internationaux ait flambé.
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre de l’Énergie, a exprimé la gravité des circonstances lors d’une intervention sur LCI : « La situation est extrêmement difficile pour beaucoup de citoyens. Cela découle de la conjoncture internationale. Ce qui se passe au Moyen-Orient a un impact direct sur les tarifs des carburants. » Sept mois de tensions géopolitiques suffisent à rendre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement européenne instable, et la dépendance de la France à l’importation de son pétrole renforce cette vulnérabilité.
Il existe plusieurs étapes entre le brut et le litre vendu à la pompe. D’abord, le coût du baril : chaque hausse de 10 dollars entraîne un surcoût de 6 à 8 centimes pour le consommateur. Ensuite vient le raffinage, dont les frais augmentent en raison des normes environnementales. Puis, les taxes, qui représentent environ 60 % du prix final en France (TICPE, TVA), enfin la marge des distributeurs, qui est généralement faible (2 à 5 centimes par litre).
Lorsque le détroit d’Ormuz rencontre des perturbations, c’est toute la chaîne qui se dérègle. Les délais d’acheminement s’allongent, les stocks stratégiques diminuent, et les raffineurs doivent payer plus cher pour leur approvisionnement. De ce fait, le prix à la pompe s’envole. Roland Lescure a souligné que 17 % des stations souffrent de ruptures partielles, un taux qu’il considère « normal » après un week-end d’afflux massif. Les stations TotalEnergies, offrant des tarifs plus compétitifs, font face à des pressions considérables, avec des files d’attente et des cuves vides.
Les réponses du gouvernement face à la crise
Le gouvernement opte pour des aides ciblées plutôt qu’un soutien global. Une aide de 100 € est déjà disponible pour les « grands rouleurs » en situation précaire, mais la moitié des potentiels bénéficiaires ne l’a pas encore sollicitée. Le ministre du Travail a confirmé qu’une aide supplémentaire pour les gros rouleurs est à l’étude, les critères précis devant être dévoilés après la réunion de Matignon prévue cet après-midi.
En outre, l’exécutif exclut toute réduction de taxes. Contrairement aux demandes de Marine Le Pen (Rassemblement National) et de Jean-Luc Mélenchon (France Insoumise), qui plaident respectivement pour une baisse des taxes et un gel des prix, Roland Lescure soutient que les finances publiques ne permettent pas une nouvelle subvention massive. En 2022, la remise généralisée avait coûté plusieurs milliards d’euros à l’État. Actuellement, l’arrivée d’une taxe européenne sur les carburants, qui pourrait ajouter jusqu’à 15 centimes, réduit encore la marge de manœuvre budgétaire.
L’exécutif envisage de mettre en place un plafonnement des prix, à l’image de ce qui se fait au Luxembourg ou en Belgique, d’ici début 2027. L’État déterminerait un prix maximal de vente en station, et compenserait la différence aux distributeurs si le coût d’achat dépassait ce plafond. Bien que coûteux, ce système pourrait préserver le pouvoir d’achat sans toucher aux taxes. Pendant ce temps, l’Allemagne a décidé d’accorder un rabais fiscal à partir du 1er octobre, valable jusqu’à la fin 2026, offrant ainsi une bouffée d’oxygène temporaire à ses automobilistes.
Face à ces questions, les Français doivent composer avec des prix records. Les deux réunions de ce lundi à Matignon devraient préciser les aides et rassurer sur la sécurité des approvisionnements. Maud Bregeon a réitéré : « Actuellement, il n’y a pas de risque de pénurie de carburants. Nos stocks stratégiques sont pleins en ce moment. » La question demeure : combien de temps les automobilistes français seront-ils confront