Solutions pour faire face aux vagues de chaleur en France
Face à la montée des températures, David Camille, expert en éco-construction, préconise des solutions innovantes pour concevoir des habitats frais et durables, telles que le déphasage thermique, les puits canadiens, le « sarking » et la ventilation naturelle, rapporte TopTribune.
Alors que les fortes chaleurs touchent de nombreuses régions françaises, notamment le Sud-Ouest, David Camille, spécialiste de la construction en bois, apporte des réponses concrètes pour protéger les habitations tout en réduisant leur empreinte énergétique. Il souligne l’importance de matériaux biosourcés, qui, grâce à leur masse, permettent de mieux gérer les températures internes.
David Camille, expert en construction bois : « Les matériaux biosourcés possèdent un fort pouvoir de déphasage thermique. Ils absorbent une partie de la chaleur durant la journée et ralentissent son entrée dans le logement. La nuit, cette chaleur peut être évacuée, permettant ainsi de maintenir la fraîcheur à l’intérieur. »
Parmi les isolants efficaces, on retrouve la fibre de bois, la laine de bois, la ouate de cellulose ainsi que le liège expansé. Cependant, leur usage reste relativement limité dans les logements français.
Quant à la maison idéale, elle doit présenter une forte inertie thermique, limitant les variations de température. L’utilisation d’équipements à faible impact carbone, tels que des panneaux photovoltaïques, est également recommandée. Les puits canadiens se révèlent efficaces pour apporter un air frais en été, en faisant circuler l’air extérieur à travers des conduits enterrés, le refroidissant au contact du sol avant qu’il n’entre dans la maison.
Concernant le coût de construction de maisons adaptées aux canicules, David Camille évalue qu’elles coûtent entre 20 et 30 % de plus que les constructions traditionnelles, en raison de l’utilisation de matériaux écologiques et techniques avancées. Cependant, cet investissement se compense par les économies d’énergie réalisées sur le long terme.
Pour les propriétaires de logements anciens, la priorité devrait être l’isolation par l’extérieur, tout en s’assurant d’un accompagnement par un bureau d’études thermiques pour éviter les problèmes d’humidité. L’expert recommande d’opter pour des matériaux respirants plutôt que ceux trop étanches, qui peuvent piéger l’humidité.
Enfin, si David Camille devait construire sa propre maison pour les trois prochaines décennies, il choisirait une construction à ossature bois, comme celle où il vit actuellement, à 24 °C sans climatisation, grâce à une isolation efficace et une orientation réfléchie des fenêtres. « C’est vers ce type de conception que nous devons nous orienter pour éviter la surchauffe de nos logements », conclut-il.