Édouard Philippe promet une revalorisation des salaires des enseignants à l’approche de la présidentielle
À une semaine de la rentrée scolaire, l’école s’invite déjà dans la campagne présidentielle. Édouard Philippe propose d’augmenter de 20% la rémunération moyenne des enseignants sur un quinquennat, et il n’est pas le seul à promettre une revalorisation importante. Alors, pourquoi les professeurs sont-ils devenus l’une des priorités des candidats, et surtout, comment financer ces nouvelles dépenses, rapporte TopTribune.
Les candidats à la présidentielle entament une année pleine de promesses, et l’engagement d’augmenter les salaires des professeurs figure au premier plan. Édouard Philippe, ancien Premier ministre, promet cette fois-ci une hausse de 20% en cinq ans. « C’est massif, mais c’est indispensable pour redonner de la dignité à leur métier », justifie-t-il dans les colonnes du Figaro. Il prévoit de financer cette mesure par des économies dans l’Éducation nationale, notamment grâce à la baisse prévue d’un million d’élèves.
Gabriel Attal promet également des hausses salariales, proposant une augmentation de 200 à 500 euros nets par mois pour les enseignants en milieu de carrière, une mesure qui coûtera entre 2,5 et 3 milliards d’euros. L’ancien ministre de l’Éducation s’engage à trouver ces fonds en économisant sur l’assurance chômage et les minima sociaux.
Des engagements similaires sont avancés par Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, bien que ce dernier n’indique pas de chiffrage précis pour le moment. « C’est fondamental d’augmenter les salaires, parce qu’aujourd’hui, les enseignants français, par exemple en primaire, gagnent moins que les enseignants slovènes ou portugais », souligne Glucksmann, chef de file de Place publique, qui se lance également dans la course à l’Élysée.
La situation des enseignants français, dont les salaires sont inférieurs à la moyenne européenne, appelle à une revalorisation urgente. Depuis 2017, leurs rémunérations n’ont été augmentées que deux fois, avec une hausse de 3,5% en 2022 et de 1,5% en 2023, soit une augmentation totale d’environ 150 euros nets par mois pour un enseignant en milieu de carrière, selon les syndicats.
Avec 850 000 professeurs représentant un électorat clé, les candidats s’efforcent de s’attirer leurs voix. « C’est un électorat qui, structurellement, est plutôt de gauche et de centre gauche, mais qui a eu tendance à fluctuer en fonction de la manière dont les responsables politiques parlaient de l’école », note Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion chez Harris interactive.
En 2017, 40% des enseignants ont voté pour Emmanuel Macron, et les formations centristes espèrent reconquérir cet électorat crucial lors des prochaines élections.