À l’Assemblée nationale,
Les députés français ont repris leurs travaux ce mardi après les vacances de Noël, dans un contexte de stagnation politique persistante. L’examen du projet de loi de finances (PLF) 2026, initialement prévu avant le 31 décembre, est de retour en commission des Finances ce jeudi et sera ensuite discuté à l’Assemblée la semaine prochaine, rapporte TopTribune.
Les débats, marqués par des tensions sur la taxation des plus riches et la réduction des déficits, semblent répétitifs et frustrants pour de nombreux Français. Ce climat de lassitude s’installe parmi les parlementaires, qui se sentent piégés dans un cycle de débats sans fin.
« Tout ça pour ça »
Benjamin Lucas, député des Yvelines et porte-parole du groupe écologiste et social, décrit le processus législatif en ces termes : « Dire qu’on trouve ça génial et épanouissant comme travail de député, ce serait mentir. Le chemin pour l’adoption d’un budget est quasi impossible. Mais heureusement, on est résilients chez les écologistes ! »
Eric Coquerel, élu insoumis de Seine-Saint-Denis, partage ce sentiment de désillusion : « Il y a le sentiment de ‘tout ça pour ça’. On paye les travers d’un gouvernement minoritaire qui ne peut pas gouverner. » Il exprime des inquiétudes concernant le manque de démocratie au sein du processus législatif.
En réponse à cette impasse, le ministère des Finances a convoqué des représentants des groupes parlementaires, à l’exception de La France Insoumise et du Rassemblement National, pour tenter de résoudre les points de blocage budgétaires. Constance de Pelichy, députée Liot du Loiret, reconnaît la lassitude générale tout en espérant que ces réunions faciliteront les discussions. Cependant, les écologistes et les communistes ont finalement décidé de boycotter cette rencontre.
« Un Jour sans fin »
Malgré la présence des socialistes à la réunion, le sentiment d’inefficacité persiste. Romain Eskenazi, député socialiste, déplore : « On aurait tous aimé boucler le budget avant la fin d’année. La position des Républicains est incompréhensible. » La tentative de trouver un compromis par la commission mixte paritaire a échoué le 19 décembre, laissant les députés face à des débats interminables.
Anne Genetet, députée Ensemble des Français de l’étranger, souligne la reviviscence de ces discussions : « On va débattre pour quoi ? Pour rien, puisque au bout du compte, il ne sera pas voté et qu’il faudra un 49.3 ou des ordonnances. Cela donne une mauvaise image de la politique. »
La fin des discussions sur le PLF est attendue le 23 janvier, mais il est probable que les députés revivent le même cycle de débats, tel un « jour sans fin », comme le soulignent plusieurs élus. David Taupiac, élu Liot du Gers, résume le désespoir actuel en se référant à la célèbre comédie : « Il y a ce sentiment de perdre du temps. »