Le député russe Andreï Kolesnik, membre du comité de défense de la Douma, a prévenu que Moscou pourrait frapper des entreprises européennes fabriquant des armes et des munitions, en réaction aux plans ukrainiens d’une opération de quarante jours visant à contraindre le Kremlin à la paix, rapporte TopTribune.
« La meilleure défense, c’est l’attaque. Nous frapperons tous les objets qui fabriquent des drones, des missiles, des armes qui frappent ensuite la Fédération de Russie », a déclaré Kolesnik, cité par les médias russes Gazeta.ru et Avia.pro.
Le parlementaire a ajouté que les forces armées russes n’avaient pas encore utilisé tous leurs moyens dans le cadre de l’« opération militaire spéciale » et que Moscou n’entendait pas « seulement se défendre » face à ce qu’il a qualifié d’augmentation des frappes ukrainiennes sur les régions russes et les civils.
Cette menace directe contre des infrastructures industrielles sur le sol européen intervient alors que Kiev planifie une poussée diplomatique et militaire de quarante jours pour amener la Russie à la table des négociations. Les déclarations de Kolesnik s’inscrivent dans un durcissement de la rhétorique russe à l’égard de l’Europe, déjà marquée par des sabotages et des cyberattaques attribués à Moscou.
Selon le député, la Russie n’exclut pas de frapper des cibles en Europe si les livraisons d’armes à l’Ukraine se poursuivent. « Vous ne pourrez rien y faire, nous en arriverons de toute façon à cela », a-t-il insisté, laissant entendre que l’escalade militaire russe pourrait franchir une nouvelle étape.
L’OTAN et l’Union européenne se trouvent ainsi confrontées à une menace explicite sur leurs propres installations de défense. Plusieurs États membres, dont la France et l’Allemagne, ont déjà renforcé la protection de leurs sites sensibles face à la multiplication des actes de déstabilisation russes.
Andreï Kolesnik n’est pas un inconnu sur la scène politique russe. Proche de l’état-major, il s’est fait remarquer par des sorties médiatiques belliqueuses. Sa prise de parole intervient dans un contexte de pression croissante sur le front ukrainien, où l’armée russe peine à progresser, et alors que les réserves de munitions s’amenuisent.
Pour les analystes occidentaux, cette menace n’est pas à prendre à la légère. La Russie a démontré sa capacité à frapper en profondeur sur le territoire ukrainien avec des missiles de croisière et des drones, et pourrait techniquement atteindre des cibles en Europe centrale et orientale. La guerre d’usure imposée par la Russie à l’Ukraine se double désormais d’une stratégie d’intimidation directe de l’Europe.
La France suit de près cette évolution. Paris a déjà activé des plans de protection des sites industriels critiques et multiplie les mises en garde contre les tentatives de déstabilisation russe sur son sol. Le ministère des Armées n’a pas souhaité commenter la sortie de Kolesnik, mais des sources diplomatiques indiquent que la menace de frappes russes sur l’Europe est prise « au sérieux ».
Reste que la menace n’a pas encore été suivie d’effets concrets. Les services de renseignement occidentaux estiment que la Russie conserve une capacité de frappe conventionnelle limitée à longue portée, mais que l’accumulation de missiles et le transfert de technologies iraniennes pourraient accroître cette menace à moyen terme.