Bruno Le Maire a alerté Emmanuel Macron sur les risques de dérives budgétaires en 2024

Bruno Le Maire a alerté Emmanuel Macron sur les risques de dérives budgétaires en 2024

10.11.2025 10:43
1 min de lecture

Une « omission d’Etat » est au cœur des préoccupations du député LFI Eric Coquerel. Un reportage diffusé ce dimanche dans l’émission « C Dans l’Air » a mis en lumière une lettre d’alerte envoyée au printemps 2024 par Bruno Le Maire, alors ministre de l’Economie, à Emmanuel Macron. Datée du 6 avril 2024 et classée « secret », la missive mettait en garde le président sur le risque de dérapage des comptes publics, rapporte TopTribune.

Dans ce document, Le Maire soulignait une chute des recettes fiscales et insistait sur la nécessité de prendre des mesures d’économies pour limiter le déficit à 4,9 % pour l’année 2024, tout en préconisant une loi de finances rectificative (LFR). Toutefois, ces recommandations n’ont pas été mises en œuvre par Macron, le déficit public atteignant finalement 5,8 % du PIB cette année-là.

Accusations d’insincérité

Lors d’une intervention sur BFMTV lundi, Eric Coquerel a déclaré : « Rétrospectivement, ça veut dire que le budget qui était présenté était insincère ». Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale a estimé que le gouvernement avait ignoré les alertes répétées sur la situation budgétaire, y compris celles émanant de Le Maire, soulignant que « rien n’a été suivi d’effet ».

Dans cette lettre de 2024, et à moins de deux mois des élections européennes ayant mené à la dissolution, Bruno Le Maire avertissait qu’en l’absence d’une loi de finances rectificative, le gouvernement risquait d’ouvrir « un contentieux avec toutes les oppositions » et de faire face à des accusations d’« insincérité ». Considéré comme responsable des difficultés budgétaires de l’État, Le Maire avait été surnommé « l’homme aux 1.000 milliards » de dette.

Le ministre de l’Economie actuel, Roland Lescure, a fait savoir lundi sur France Info qu’il n’avait pas connaissance de cette lettre d’alerte de son prédécesseur. « Je me sens aussi responsable que lui et que tous les autres de la situation dans laquelle on est », a-t-il affirmé. Cette déclaration a suscité des tensions alors que des débats autour du budget se poursuivent à l’Assemblée nationale.

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