Une augmentation significative des infections sexuellement transmissibles (IST) chez les jeunes de 15 à 25 ans a été rapportée, avec des conséquences urologiques constatées par les spécialistes lors de consultations. Cette tendance préoccupante est liée à une hausse des diagnostics de chlamydia, gonorrhée et syphilis, indique l’Association française d’urologie (AFU) dans un communiqué de décembre 2025, rapporte TopTribune.
Quelles complications urologiques ?
Le Dr. Benjamin Pradère, urologue et membre de l’AFU, souligne que les infections à chlamydia et au gonocoque sont les plus fréquentes à l’origine de complications urologiques. Ces infections peuvent provoquer des urétrites, menant à des sténoses de l’urètre, des douleurs mictionnelles importantes, une dysurie, une hyperactivité vésicale, ainsi que des irritations et des douleurs chroniques. De plus, elles peuvent entraîner une orchite, causant des douleurs sévères.
Parallèlement, les infections à papillomavirus (HPV) sont responsables de l’apparition de condylomes, qui sont de petites verrues génitales nécessitant parfois des interventions répétées. Ces infections peuvent également entraîner une infertilité, notamment chez les femmes, en raison de l’augmentation des cas de chlamydia, qui ont atteint 230 000 en France en 2023.
Le Dr. Pradère fait observer que ces complications auraient pu être évitées grâce à un dépistage précoce. « Pour certaines IST, un retard de diagnostic engendre des complications urologiques à long terme », regrette-t-il.
L’importance du dépistage et de la prise en charge précoces
L’AFU rappelle les gestes essentiels pour limiter les complications :
- utilisation de préservatifs (50 % des premiers rapports ne sont pas protégés) ;
- dépistage régulier, notamment en cas de partenaires multiples ou d’exposition potentielle (60 à 70 % des jeunes femmes infectées par chlamydia ne présentent pas de symptômes) ;
- prise en charge rapide après un test positif ;
- vaccination contre le papillomavirus chez les filles et les garçons.
Pour encourager le dépistage, l’AFU insiste sur l’importance d’un discours déculpabilisant, en particulier pour les 18-35 ans, la population la plus touchée par les IST. Une campagne de sensibilisation a été lancée pour informer les jeunes adultes sur les IST, sans tabou, et des outils ont également été développés pour aider les professionnels de santé à aborder ces sujets avec leurs patients de manière simple et efficace.