Cancer colorectal : des tabous entravent le dépistage en France malgré l'importance de la prévention

Cancer colorectal : des tabous entravent le dépistage en France malgré l’importance de la prévention

11.03.2026 17:38
2 min de lecture

Le dépistage du cancer colorectal en France : un enjeu de santé publique alarmant

Le cancer colorectal constitue le troisième cancer le plus répandu et la deuxième cause de mortalité par cancer chez les hommes, et le troisième chez les femmes. Mars Bleu, le mois dédié à la sensibilisation et à la prévention de ce type de cancer, entraîne environ 47 000 nouveaux cas chaque année et 17 000 décès, rapporte TopTribune.

À partir de l’âge de 50 ans, il est recommandé de se soumettre à un dépistage du cancer colorectal tous les deux ans pour les personnes âgées de 50 à 74 ans, et ce, indépendamment de la présence de symptômes, d’antécédents personnels ou de facteurs de risque. Pour effectuer ce dépistage, il suffit de se procurer un kit auprès de son pharmacien, de son médecin, ou de le commander en ligne sur le site monkit.depistage-colorectal.fr.

Les détails du dépistage du cancer colorectal

Le dépistage consiste à détecter la présence de sang dans les selles. Ce peut être le signe de polypes, des lésions précancéreuses qui peuvent être retirées avant qu’elles ne se transforment en cancer. Dans près de 80 % des cas, le cancer colorectal se développe à partir d’adénomes dans la muqueuse du côlon et du rectum.

Ces tumeurs bénignes, précurseurs potentiels de cancers malins, sont évaluées en fonction de leurs caractéristiques morphologiques, ce qui influence les risques de développement tumoral. Le test de dépistage permet également de détecter le cancer à un stade souvent précoce, augmentant ainsi les chances de guérison.

Ce processus nécessite de prélever un échantillon de selles, qui sera ensuite envoyé par la poste à un laboratoire d’analyses. Si le test détecte des traces de sang – ce qui se produit dans 3 % à 4 % des cas –, cela ne signifie pas nécessairement un cancer colorectal. D’autres causes peuvent expliquer cette présence de sang, et dans de tels cas, un médecin pourra recommander une coloscopie pour en déterminer les raisons.

Un taux de dépistage inquiétant et ses obstacles

Grâce au test immunologique, le cancer colorectal peut être guéri dans 90 % des cas si diagnostiqué tôt. Toutefois, le taux de participation au dépistage reste faible. Pour la période 2023-2024, seulement 29,6 % des 20,8 millions de personnes éligibles ont participé, bien en deçà des seuils recommandés en Europe, qui se situent entre 45 % et 65 %. Ce taux est plus élevé chez les femmes (30,7 %) que chez les hommes (28,5 %). Les raisons de cette faible participation sont multiples.

La Haute autorité de santé a identifié plusieurs freins potentiels : une méconnaissance des pathologies et des programmes de dépistage, un manque d’informations claires et pertinentes de la part des professionnels, un sentiment de non-concernement, des réticences face à la nature du dépistage, la peur des résultats, l’appréhension face à la coloscopie, ainsi que des inégalités liées à l’éducation, à la culture et à d’autres facteurs socio-économiques.

Les tabous entourant le cancer colorectal contribuent également à ces réticences, notamment chez les hommes. Une étude Ifop réalisée pour Lelo a révélé que 49 % des hommes refuseraient un dépistage par introduction d’un endoscope, un pourcentage qui chute à 32 % chez ceux n’ayant pas d’expérience de la sexualité anale. Camille Guerfi, sexologue, souligne que « tant que certaines zones du corps seront perçues comme interdites ou honteuses, beaucoup refuseront les gestes médicaux pourtant essentiels à leur bien-être ».

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