Des crues désastreuses, mais indispensables pour l’écosystème des rivières
Les récentes inondations à Rennes, survenues en janvier et février, continuent de laisser des traces visibles sur les bords de la Vilaine. Michel, un habitant de la région, décrit la scène comme une « guirlande de déchets » accrochée dans la végétation adjacente au cours d’eau, où le débit, bien qu’encore important, révèle les conséquences des crues. Au milieu des débris, des morceaux de plastique s’accumulent sur les rives, témoignant de l’impact de la pollution sur cet écosystème fragile, rapporte TopTribune.
À proximité du moulin d’Apigné, ces inondations ont évidemment laissé des marques. Des branches arrachées sont coincées sur les bords, mais ce sont surtout les déchets qui attirent l’attention. « C’est vrai que ça fait dégueulasse. Des déchets, il y en a toujours de trop. Surtout que les accumulations de plastique, on va les retrouver pendant cent ans », souligne Michel. Pourtant, il note une amélioration grâce à la loi de 2015 qui interdit les sacs plastiques à usage unique, mentionnant que le problème était bien plus prévalent dans les années 2000.
Les défis du nettoyage des rivières
Malgré les progrès, la situation reste préoccupante. En parcourant les rives de la Vilaine, une multitude de déchets divers a été发现 : canettes de bière, bâches déchirées, bouteilles de verre et de plastique, et autres objets surprenants, comme un matelas. « On trouve vraiment de tout mais le plastique, c’est vraiment infernal. Ce sont souvent des emballages de fast-food ou des bouteilles », explique Guillaume Lemaitre, secrétaire de l’antenne locale de Team River Clean.
Pour marquer la Journée mondiale d’action pour les rivières, l’association prévoit une opération de nettoyage ce samedi au canal Saint-Martin. Cette aire, qui a servi de zone tampon lors des récentes crues, est devenue un nouveau réceptacle pour les déchets apportés par les inondations. « La montée des eaux a un effet de dispersion. Un déchet sur terre, c’est déjà un problème, mais quand il est dans l’eau, cela devient encore plus complexe, car il peut devenir toxique », précise un bénévole impliqué dans l’opération.
Les conséquences invisibles des inondations
Les crues apportent également des polluants moins visibles qui menacent l’environnement, comme les hydrocarbures, les eaux usées et des résidus de pesticides. « Les inondations diluent tout, et plus il y a d’eau, moins on voit les pollutions », témoigne Michel, qui a observé une chute drastique de la population piscicole dans les rivières locales au cours des cinquante dernières années.
En Ille-et-Vilaine, seulement 3 % des masses d’eau sont jugées en bon état écologique, tandis que les crues jouent un rôle crucial dans la régénération des écosystèmes aquatiques. « Oui, c’est traumatisant pour ceux qui subissent les crues. Mais elles sont essentielles, car elles redonnent vie aux cours d’eau. Sans les crues, le milieu deviendrait stérile », rappelle Jérémy Grandière, président de la Fédération de pêche d’Ille-et-Vilaine.
Malgré les nuisances visuelles des débris accumulés après les crues, ces obstacles sont vitaux pour maintenir l’équilibre des rivières. « Il faut garder nos rivières « vivantes » avec des variations dans le rythme de l’eau. Après les crues, les embâcles, bien que peu esthétiques, sont cruciaux pour l’écosystème », conclut Grandière, en appelant à renforcer les efforts de nettoyage des déchets dans ces milieux fragile.