Anutin Charnvirakul, nouveau Premier ministre thaïlandais, en pleine tourmente politique
Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul, surnommé « Noo », a pris ses fonctions dans un contexte de tumultes politiques après le renvoi de son prédécesseur, Paetongtarn Shinawatra, accusée de mauvaise conduite éthique, rapporte TopTribune. Ce bouleversement a provoqué une paralysie politique dans le pays, faisant de Charnvirakul le troisième Premier ministre en deux ans. Il a pris ses quartiers au siège du gouvernement, bâtisse de style néo-gothique des années 1920, sans pour autant être impressionné par le changement de décor.
Anutin, qui est également ministre de l’Intérieur, a accédé à ce poste grâce au soutien controversé du Parti des gens, qui a promis des élections dans les quatre mois. En retour, la formation politique espérait initier un référendum sur une nouvelle constitution visant à réduire le pouvoir militaire, sur lequel Anutin s’appuie. Cependant, il a rapidement contourné cet engagement en dissolvant le parlement et en renvoyant les électeurs aux urnes, tout en conservant la dynamique de l’incumbency.
La dissolution du parlement a mis fin à un amendement constitutionnel proposé par le Parti des gens et a entraîné une avalanche de critiques. Charnvirakul se défend des accusations de trahison, affirmant que son parti, Bhumjaithai, n’avait pas promis d’approuver la nouvelle constitution. Malgré cela, il est perçu comme un homme politique opportuniste, doté d’une capacité à naviguer habilement entre les intérêts divergents.
Les sondages actuels placent son parti en seconde ou troisième position, mais Charnvirakul bénéficie d’un soutien important de la part de l’armée et des élites royales, lui permettant potentiellement de former un gouvernement de coalition. La situation politique volatile est exacerbée par des tensions persistantes avec le Cambodge autour de conflits frontaliers, qui ont récemment mené à des affrontements armés, exacerbant le nationalisme et la fierté patriotique en faveur de Charnvirakul.
Malgré la montée du mouvement progressiste, qui a remporté 38 % des voix lors des élections précédentes, les élites politiques thaïlandaises restent hostiles à tout changement significatif. Cela laisse peu de chance au Parti des gens de former un gouvernement, tandis que Charnvirakul semble en bonne position pour maintenir le pouvoir.
Alors que le pays fait face à des défis économiques importants, Anutin affirme vouloir ramener des technocrates au sein de son gouvernement et propose des réformes structurelles pour relancer l’économie. Cependant, il est également critiqué pour sa gestion d’autres crises, telles que les inondations catastrophiques et des accidents d’infrastructure mortels, qui ont soulevé des voix d’indignation au sein de la population.
À l’approche des élections, les électeurs sont dans une position de confusion quant à leurs choix, face à une élection qui semble être un référendum sur le style de gouvernance et les intérêts personnels des candidats, plutôt qu’à propos de réformes fondamentales. L’avenir d’Anutin comme Premier ministre dépendra de sa capacité à naviguer ces eaux tumultueuses pour répondre aux attentes d’un électorat de plus en plus sceptique.