La méthode norvégienne : un entraînement d’élite
La méthode norvégienne, largement influencée par les performances des biathlètes norvégiens lors des Jeux olympiques et de divers championnats du monde, s’affirme comme un modèle d’entraînement technique et scientifique. Cette approche est adoptée non seulement par les biathlètes, mais également par des coureurs d’élite, que ce soit en course sur route ou en demi-fond, rapporte TopTribune.
Pour coureurs aguerris
Ce programme s’adresse à des sportifs expérimentés, notamment des coureurs capables de parcourir entre 120 et 180 kilomètres par semaine. Tout entraînement destiné à la course longue distance, qu’il s’agisse d’un semi-marathon ou d’un marathon, suis un principe fondamental selon lequel environ 75% de l’entraînement se déroule à faible intensité aérobie, correspondant à 60% à 80% de la fréquence cardiaque maximale (FCM).
Le reste de l’entraînement est consacré à des séances de haute intensité en anaérobie, mobilisant l’énergie lors d’efforts significatifs, comme des sprints ou de la résistance. Dans tout programme de préparation pour des courses de longue durée, il est ainsi essentiel d’intégrer des séances anaérobies, qui atteignent environ 95% de la FCM, ainsi que des séances de seuil anaérobie, entre 80% et 90% de la FCM.
Un marqueur nommé lactates
Le fonctionnement de cette méthode repose sur la transformation du glucose en glycogène pour produire de l’énergie, ce qui entraîne la formation de lactates, considérés comme des déchets métaboliques. Alors que ces lactates peuvent être réutilisés lors d’efforts modérés, leur accumulation rapide pendant un effort intense peut provoquer des douleurs musculaires, des maux de tête et des étourdissements.
Double séance de seuil !
Le seuil anaérobie est le point critique d’effort avant l’apparition de douleurs dues aux lactates. La spécificité de la méthode norvégienne réside dans l’intégration de deux séances de seuil au cours d’une même journée, répétées deux à quatre fois par semaine. Cela en fait un protocole destiné aux coureurs de haut niveau, nécessitant en outre le suivi des niveaux sanguins de lactates pour établir avec précision la FCM. L’objectif ultime est de repousser les limites de la douleur liée à l’effort.
Source : Kelemen, B., Benczenleitner, O., & Tóth, L. (2023). The Norwegian double-threshold method in distance running: Systematic literature review. Scientific Journal of Sport and Performance, 3(1), 38–46.